"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

samedi 29 août 2015

PERE GEORGE [Metallinos]:LE PARADIS ET L’ENFER SELON LA DOCTRINE ORTHODOXE (5)



Le Christ et saint Dismas 
[Le Bon Larron] en Paradis

Les perceptions et interprétations scholastiques qui, à travers l'œuvre de Dante (in Inferno/l’enfer) ont imprégné notre monde, ont des conséquences qui remontent à des concepts idolâtres. Un exemple est la séparation du paradis et de l'enfer comme deux lieux différents. Cela est arrivé parce qu'ils ne distinguent pas entre le créé et l'incréé. Tout aussi erronée est la négation de l'éternité de l'enfer, avec l'idée de la “restauration” de tous, ou les concepts entourant l'idée de Bon Dieu. Dieu est en effet “bienveillant” (Mt.8: 17), car il offre le salut à tout le monde: ("Il veut que tous soient sauvés…" 1 Tm 2: 4). Cependant, les paroles de notre Seigneur comme on les entend pendant le service funèbre sont redoutables: “ Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j'entends, je juge; et mon jugement est juste " (Jn. 5: 30).

Tout aussi fabriqué est le concept de la théodicée, qui s’applique dans ce cas. Tout [toute responsabilité] est finalement attribué à Dieu seul, sans tenir compte de la coopération de l'homme (synergie) comme facteur de rédemption. Le salut n’est possible que dans le cadre de la coopération entre l'homme et la Grâce divine. Selon le bienheureux Jean Chrysostome, "la plus grande partie, presque tout, est de Dieu; Il a cependant laissé un peu de choses pour nous." Ce "peu de choses" est notre acceptation de l'invitation de Dieu. Le larron sur la Croix a été sauvé, "en utilisant la demande clé de se souvenir de [lui]… "! Egalement idolâtre est la perception d'un Dieu devenant outragé contre un pécheur, alors que nous avons mentionné plus tôt que Dieu "ne montre jamais d'inimitié." Ceci est une perception morale de Dieu, qui conduit également à la perspective de “ pénitences ” lors des confessions comme des formes de punition, et non comme remèdes [epitimia], comme moyens de guérison.

Le mystère du paradis-enfer est également expérimenté dans la vie de l'Eglise dans le monde. Pendant les Saints Mystères / sacrements, il y a une participation des fidèles à la Grâce divine, afin que la Grâce puisse être activée dans nos vies, dans notre course vers le Christ. Surtout pendant l'Eucharistie, l'Incréé (Sainte Communion) devient soit le paradis soit l'enfer en nous, en fonction de notre état. Notre participation à la Sainte Communion est principalement une participation soit au paradis, soit à l'enfer, dans notre propre temps et lieu. Voilà pourquoi nous supplions Dieu, avant de recevoir la Sainte Communion, de rendre les dons précieux "non pas comme jugement ou condamnation” en nous “, pour la guérison de l'âme et du corps," et non pas comme “condamnation”.

Voilà pourquoi la participation à la Sainte Communion est liée au parcours spirituel de vie globale des fidèles. Lorsque nous abordons la Sainte Communion non purifiés et impénitents, nous sommes condamnés (brûlés). La Sainte Communion en nous devient “enfer” et “mort spirituelle” (voir 1 Cor. 11: 30, etc.). Non pas parce qu'elle se transforme en ces choses, bien sûr, mais parce que notre propre impureté ne peut pas accepter la Sainte Communion comme “paradis." Étant donné que la Sainte Communion est appelée “le remède de l'immortalité" (Saint Ignace le Théophore, IIe siècle), la même chose se produit exactement comme avec tout remède. Si notre organisme n'a pas les conditions préalables pour absorber le médicament, alors le médicament va produire des effets secondaires, et il peut tuer au lieu de guérir. Ce n’est pas le remède qui est responsable, mais la condition de notre organisme. 


Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

vendredi 28 août 2015

PERE GEORGE [Metallinos]:LE PARADIS ET L’ENFER SELON LA DOCTRINE ORTHODOXE (4)





L'expérience du paradis ou de l'enfer est au-delà des mots ou des sens. C’est une réalité incréée, et non pas créée. Les Latins ont inventé le mythe par lequel le paradis et l'enfer sont deux réalités créées. C’est un mythe selon lequel les damnés ne seront pas en mesure de regarder vers Dieu; tout comme "l’absence de Dieu” est aussi un mythe.

Les Latins avaient également perçu les feux de l'enfer comme quelque chose de créé. La Tradition orthodoxe est restée fidèle à l’enseignement des Écritures où les damnés verront Dieu (comme l'homme riche de la parabole), mais ils le percevront seulement comme “un feu dévorant". Les scolastiques latins ont accepté l’enfer comme punition et privation d'une vision concrète de l'essence divine. Bibliquement et patristiquement cependant, "l'enfer" est compris comme l'incapacité de l'homme à coopérer (synergie) avec la Grâce divine, afin d'atteindre la vision illuminatrice de Dieu (qui est le paradis) et l'amour désintéressé (1Cor. 13: 8): "l'amour... ne demande pas de réciprocité." Par conséquent, il n'ya  pas une telle chose comme “absence de Dieu”, mais seulement Sa Présence. Voilà pourquoi Sa seconde venue est désastreuse ("Ô, quelle heure, ce sera alors", chantons-nous dans les Laudes des Matines). C’est une réalité irréfutable, vers laquelle l'Orthodoxie est orientée de façon permanente ("J’attends la résurrection des morts ... [dit le Credo]”)

Les damnés - ceux qui ont le cœur endurci, comme les pharisiens (Marc 3: 5: "dans l'insensibilité de leur cœur”) - perçoivent éternellement le bûcher de l'enfer comme leur salut! C’est parce que leur état n’est pas sensible à toute autre forme de salut. Ils sont trop "finalisés" - ils atteignent la fin de leur route - mais seulement les justes [sincèrement pieux] atteignent la fin en tant que personnes rachetées. Les autres finissent dans un état de condamnation. Le "salut" pour eux est l'enfer, puisque dans leur vie, ils ont recherché le seul plaisir.

L'homme riche de la parabole avait “apprécié l'ensemble de ses richesses". Le pauvre Lazare, sans se plaindre avait enduré "toute souffrance." L’apôtre Paul exprime ceci (1Cor. 3: 13-15): " l'œuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun. Si l'œuvre bâtie par quelqu'un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l'œuvre de quelqu'un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu."

Les justes et les impénitents passeront tous deux par le “feu” de la Présence divine incréée, cependant, l'un passera au travers indemne, tandis que l'autre sera brûlé. Il est “sauvé” aussi, mais seulement de la manière dont on passe par un incendie. Efthimios Zigavinos (12ème siècle) observe à cet égard: “Dieu comme le feu qui éclaire et illumine le pur, et brûle et obscurcit l'impur." Et Theodoritos Kyrou concernant cette "économie", écrit: "On est également sauvé par le feu, étant testé par lui, tout comme lorsque l'on passe par le feu. S’il a une couverture de protection appropriée, il ne sera pas brûlé, sinon, il peut être "sauvé”, mais il sera carbonisé! "

Par conséquent, le feu de l'enfer n'a rien de commun avec le “purgatoire” latin, ni créé, ni punition, ou étape intermédiaire. Un point de vue comme celui-ci est pratiquement un transfer de sa responsablité à Dieu. Mais la responsabilité est entièrement nôtre, si nous choisissons d'accepter ou de rejeter le salut, la guérison, qui est offerte par Dieu.

"La mort spirituelle" est la vision de la Lumière Incréée, de la gloire divine, comme un bûcher, comme le feu. Saint Jean Chrysostome, dans sa neuvième homélie sur la première Epître aux Corinthiens, note: “L'enfer est sans fin... Les pécheurs doivent être amenés dans une souffrance sans fin. Comme pour le fait d’être brûlés complètement. Cela signifie qu’il ne résiste pas à la force du feu." Et il poursuit: “Et il (Paul) dit, cela signifie ceci: qu'il ne doit pas être brûlé, comme ses œuvres, jusques au néant, mais il doit continuer à exister, mais à l'intérieur du feu. Il considère donc cela comme son salut. Car il est de coutume pour nous de dire `sauvés dans le feu," en se référant à des matériaux qui ne sont pas totalement brûlés."



Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

15/28 août: Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu


jeudi 27 août 2015

PERE GEORGE [Metallinos]:LE PARADIS ET L’ENFER SELON LA DOCTRINE ORTHODOXE (3)



La question anthropologique dans l'Orthodoxie est [de faire] que l'homme considère éternellement le Christ comme paradis et non comme enfer; que l'homme participe à Son “royaume” céleste et éternel. C’est là où l'on voit la différence entre le christianisme de l'Orthodoxie et les diverses autres religions. Les autres religions promettent un certain état "bienheureux", même après la mort. L’Orthodoxie n’est cependant pas une quête de bonheur, mais un remède de la maladie de la religion, comme le défunt père Jean Romanides l’enseigne d’une manière patristique. L'Orthodoxie est un hôpital ouvert au sein de l'histoire (une “infirmerie spirituelle” selon saint Jean Chrysostome), qui offre la guérison (catharsis) du cœur, pour finalement atteindre la déification - la seule destination souhaitée de l'homme. Telle est la voie qui a été décrite de façon exhaustive par le père Jean Romanides et le révérend métropolite de Nafpaktos, Hiérotheos (Vlachos); c’est la guérison de l'humanité, telle qu’elle fut vécue par l'ensemble de nos saints.

Tel est le sens de la vie dans le corps du Christ (l'Eglise). C’est la raison de l'existence de l'Eglise. C’est ce que visait toute l’œuvre rédemptrice du Christ. Saint Grégoire Palamas (4e Homélie sur la Parousie) dit que la volonté du Dieu pré-éternel pour l'homme est de “trouver une place dans la majesté du royaume divin” - pour atteindre la déification. Tel est le but de la création. Et il poursuit: "Mais même Sa kénose divine et secrète, Sa conduite théanthropique, Sa passion rédemptrice, et chaque mystère unique (en d'autres termes, toute l’œuvre du Christ sur terre) ont tous été providentiellement et d’une manière omnisciente pré-déterminée à cette fin [pour cet objectif] même.

La réalité importante, cependant, est que tous les gens ne répondent pas à cette invitation du Christ, et c’est la raison pour laquelle tout le monde ne participe pas de la même manière à Sa gloire incréée. Ceci est enseigné par le Christ, dans la parabole de l'homme riche et de Lazare (Luc, Chapitre 16). L'homme refuse l'offre de Christ, il devient l'ennemi de Dieu et rejette le rachat offert par le Christ (ce qui est un blasphème contre le Saint-Esprit, car c’est dans l'Esprit Saint que nous acceptons l'appel du Christ). Ceci est la personne “jamais repentie” visée par l'hymne de l’Eglise. Dieu “ n’a pas d’inimitié", observe le bienheureux Jean Chrysostome; c’est nous qui devenons Ses ennemis; nous sommes ceux qui Le rejettent. L'homme impénitent devient diabolisé, parce qu'il l’a choisi. Dieu ne veut pas cela. Saint Grégoire Palamas dit:. "...Car ce ne fut pas ma volonté préexistante, je ne t’ai pas créé à cette fin; je ne prépare pas pour toi le bûcher. Ce bûcher éternel a été allumé pour les démons qui portent le caractère immuable du mal, vers lequel ta propre opinion impénitente t’as attiré." "La cohabitation avec les anges malfaisants est volontaire" (4ème Homélie sur la Parousie) En d'autres termes, c’est quelque chose qui est librement choisi par l'homme.

Tant l'homme riche que Lazare, étaient à la recherche de la même réalité, à savoir, Dieu dans Sa lumière incréée. L'homme riche a atteint la Vérité, la vision du Christ, mais il n'a pas pu y prendre part, comme Lazare l’a fait. Le pauvre Lazare a reçu une “consolation”, alors que le riche a reçu "l'angoisse". Les paroles du Christ pour ceux qui sont encore dans ce monde, selon lesquelles ils “ont Moïse et les prophètes," signifient que nous sommes tous sans excuse. Car, nous avons les saints, qui ont vécu et qui nous appellent à adhérer à leur mode de vie afin que nous puissions atteindre la déification (theosis) comme ils l'ont fait. Nous concluons donc que ceux qui ont choisi les mauvaises voies (comme l'homme riche) sont sans excuse.

Notre orientation envers notre prochain est révélatrice de notre état intérieur, et c’est la raison pour laquelle ce sera le critère de Jugement Dernier durant la Seconde Venue du Christ (Matthieu, ch. 25). Cela ne signifie pas que la foi, ou la fidélité de l'homme au Christ soit ignorée; la foi est naturellement une condition préalable, parce que notre attitude envers l'autre montrera si oui ou non nous avons Dieu en nous. Les premiers dimanches du Triode précédant le Carême tournent autour des relations avec nos semblables. Au premier de ces dimanches, le pharisien extérieurement pieux se justifie et dénigre le percepteur. Le deuxième dimanche, le frère aîné (une répétition du pharisien apparemment pieux) est attristé par le salut de son frère. De même apparence pieuse, il avait lui aussi une fausse piété, qui ne produisit pas d'amour. Le troisième dimanche, cette condition atteint le tribunal du Christ, et est mise en évidence comme critère pour notre vie éternelle.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

mercredi 26 août 2015

PERE GEORGE [Metallinos]:LE PARADIS ET L’ENFER SELON LA DOCTRINE ORTHODOXE (2)


Références à l'enfer: Matthieu 25:46 ("au tourment éternel"), 25:41 (“feu éternel”), 25:30 ("les ténèbres du dehors"), 5:22 (“le lieu du feu"). 1 Jean 4: 18 (“... car la crainte suppose un châtiment"). Ce sont des manières d’exprimer ce que nous entendons par “enfer.”

Le paradis et l'enfer ne sont pas deux lieux différents. Une telle idée est un concept idolâtre. Au contraire, ils signifient deux conditions différentes (des manières [ou] des états d’être), qui proviennent de la même source incréée, et sont perçues par l'homme comme deux expériences différentes. Plus précisément, elles sont la même expérience, sauf qu'elles sont perçues différemment par l'homme, en fonction de son état interne.

Cette expérience est la vision du Christ à la Lumière Incréée de Sa divinité, de Sa “gloire”. Dès le moment de Sa seconde venue, à travers toute l'éternité, tous les gens verront le Christ dans Sa Lumière Incréée. Voilà où "ceux qui auront accompli de bonnes œuvres dans leur vie iront à la résurrection de la vie, tandis que ceux qui auront fait le mal dans leur vie iront vers la résurrection du jugement” (Jn. 5: 29). En présence du Christ, l'humanité sera séparée (en “ brebis ” à sa droite et “ boucs" à sa gauche). En d'autres termes, ils seront séparés en deux groupes distincts: ceux qui verront le Christ comme le paradis (le “bien extrême, le rayonnement”) et ceux qui verront le Christ comme l'enfer ("le feu dévorant" dans Hébreux 12:29).

Paradis et enfer sont la même réalité. Ceci est ce qui est décrit dans la représentation de la Parousie. Du Christ, un fleuve de feu jaillit. Il est rayonnant comme une lumière dorée à l'extrémité supérieure de celui-ci, où sont les saints. A son extrémité inférieure, le même fleuve [de feu] est ardent, et c’est dans cette partie du fleuve que les démons et les impénitents (“ceux qui ne se repentent jamais", selon un hymne) sont représentés. Voilà pourquoi, dans Luc 2:34, nous lisons que le Christ est “ la chute et la résurrection d'un grand nombre". Le Christ devient la résurrection à la vie éternelle pour ceux qui L'ont accepté, et qui ont suivi les moyens donnés pour la guérison du cœur. Pour ceux qui L'ont rejeté, cependant, il devient leur séparation et leur enfer.

Parmi les témoignages patristiques, Saint Jean du Sinaï (Climaque) dit que la Lumière Incréée du Christ est "un feu dévorant et une lumière qui illumine". Saint Grégoire Palamas (EPE II, 498) observe: "Ainsi, il est dit, il vous baptisera du Saint-Esprit et par le feu: en d'autres termes, par l'illumination et le jugement, en fonction de la prédisposition de chaque personne, ce qui, en soi, portera en elle ce qu'elle mérite." Ailleurs, (Essays, P. Christou Publications, vol. 2, page 145): La lumière du Christ, "quoique une et accessible à tous, n’est pas partagée de manière uniforme, mais différemment."

Par conséquent, paradis et enfer ne sont pas une récompense ou une punition (condamnation), mais la façon dont nous vivons individuellement la vue du Christ, en fonction de l'état de notre cœur. Dieu ne punit pas, en substance, même si, à des fins éducatives, l'Ecriture mentionne la punition. Plus on devient spirituel et mieux on peut comprendre la langue de l'Écriture et de la Tradition sacrée. La condition de l'homme (pur/impur, repentant/impénitent) est le facteur qui détermine l'acceptation de la Lumière, comme “paradis” ou “enfer”.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

mardi 25 août 2015

PERE GEORGE [Metallinos]:LE PARADIS ET L’ENFER SELON LA DOCTRINE ORTHODOXE (1)




Père Georges


Le dernier dimanche de Carême "nous commémorons le deuxième et Incorruptible Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ". L'expression "nous commémorons" dans le Synaxaire, confirme que notre Église, en tant que Corps du Christ, adopte à nouveau dans son culte la seconde venue du Christ (Parousie) comme un “événement” et non pas seulement comme quelque chose qui est historiquement prévu. La raison en est que, grâce à la Sainte Eucharistie, nous sommes transportés dans le Royaume céleste, dans la méta-histoire. C’est dans cette perspective orthodoxe, que le sujet du paradis et de l'enfer est abordé.

Dans les Evangiles (Matthieu, ch.5), il est fait mention de “royaume” et de “feu éternel”. Dans cet extrait, qui est cité au cours de la Liturgie de ce dimanche mentionné, le “royaume” est la destination divine de l'humanité. Le "feu" est "préparé" pour le diable et ses anges (démons), non parce que Dieu le veut, mais parce qu'ils sont sans repentance [id est, non disposés à changer, à réfléchir et à participer à la rédemption]. Le “royaume” est “préparé” pour ceux qui demeurent fidèles à la volonté de Dieu. La gloire incréée est le Paradis (le “royaume”). Le "Feu éternel" est l'enfer (v.46). Au début de l'Histoire, Dieu invite l'homme au paradis, dans une communion avec Sa Grâce incréée. À la fin de l'Histoire, l'homme doit faire face à la fois au paradis et à l'enfer. Nous verrons plus loin ce que cela signifie. Nous soulignons cependant que c’est un des sujets centraux de notre foi – c’est "la pierre philosophale" du christianisme orthodoxe.

La mention de paradis et d'enfer dans le Nouveau Testament est fréquente. Dans Luc 23, 43, le Christ dit au larron sur la croix: “Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis". Cependant, le larron se réfère également au paradis, quand il dit: “Souviens-toi de moi, Seigneur... dans ton royaume." Selon Théophylacte de Bulgarie (PG 123, 1106), "car le larron était au paradis, en d'autres termes, au royaume." L'apôtre Paul (2 Cor. 12: 3-4) avoue que, tout en restant dans cette vie, il a été “elevé au paradis et qu'il entendit des paroles ineffables, qui sont impossibles à l'homme de répéter." Dans l'Apocalypse, nous lisons: “Pour le vainqueur, je lui donnerai à manger de l'Arbre de Vie, qui est dans le paradis de mon Dieu" (2: 7). Et Arethas de Césarée interprète: "le paradis est compris comme la vie bienheureuse et éternelle" (PG 106, 529). Le paradis, la vie éternelle, le royaume de Dieu, sont tous liés.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

Réclame


Le monastère de la Transfiguration a le plaisir de vous annoncer la parution du tome 6 du Synaxaire.

Le Synaxaire. Vie des saints de l'Eglise orthodoxe. Tome 6.


lundi 24 août 2015

"La seule voix avec laquelle un chrétien orthodoxe a le droit de parole est la voix de l'Eglise:" (9 et fin)




- Diriez-vous qu'il y a des exceptions notables? Qui aimeriez-vous que nous lisions parmi les érudits [orthodoxes] modernes?

- C'est une très bonne question. Réfléchissant pour l'instant à l'érudition orthodoxe en langue anglaise, je pense que l'une des raisons pour lesquelles le métropolite Kallistos (Ware) est si populaire, c'est qu'il parle très bien dans un langage érudit instruit, mais il insuffle dans cette langue une croyance réelle dans la théologie de l'Église. Je pense qu'il en est un exemple. 

Mais il est difficile de répondre à votre question, parce que je trouve qu'il est difficile de trouver des exemples dans le monde scientifique. C'est souvent dans le monde de ceux qui prêchent que nous les trouvons. Par exemple le métropolite Antoine de Souroge -je suis en train de relire certains de ses sermons- nous voyons aussi souvent cela dans ses œuvres; et Père Jean (Krestiankin) en russe, vous trouverez des exemples de théologie vivante. Mais je pense que le fait même que je trouve qu'il est difficile de répondre à votre question est probablement une situation révélatrice; parce que, dans mon esprit la réponse à votre question se trouve principalement chez les prédicateurs et pasteurs, et non chez les universitaires. 

Cela ne veut pas dire que nous ne disposons pas de bons universitaires. Nous avons beaucoup de savants orthodoxes fantastiques qui font un travail formidable. Mais je pense que nous sommes tous inhibés par ce qui est devenu la tradition de notre époque. Je me suis rendu coupable de cela. Ceci est quelque chose dont je suis de plus en plus conscient dans mon propre travail, et donc je deviens plus conscient de même chez les autres.

- Dans le même podcast avec le père Josiah vous avez parlé de votre travail concernant un livre sur les Catéchèses de saint Cyrille  de Jérusalem. Où en est ce livre?

- Ce livre est très, très lent à venir. Je regrette d'avoir beaucoup trop de projets en cours, et celui-ci est mon propre projet, et non pas celui de quelqu'un d'autre, et il est donc régulièrement repoussé vers le bas de la liste des priorités. J'ai vraiment l'intention de le finir; il est fait à moitié. 

Il est sur un thème que je trouve important précisément parce que je pense que saint Cyrille de Jérusalem est un merveilleux exemple de saint qui parle un langage académique pour la plupart des questions que nous avons concernant l'histoire de l'Eglise, mais qui est éminemment pasteur, comme  tous les Pères le sont en vérité; il l'est d'une manière très évidente dans toutes ses conférences catéchétiques. Donc, j'espère qu'une étude sur sa vie peut être utile pour les gens d'aujourd'hui, et je souhaite pouvoir la compléter avant de mourir -ce serait une belle chronologie! Mais nous verrons.

- Un autre récent problème que j'ai vu récemment dans le monde orthodoxe est le fait que certains blogs éminents discutent de l'universalisme (apocatastase?): pour ou contre. Et cela me rappelle certains de vos messages il y a quelques années sur votre forum Monachos sur les idées du ciel et de l'enfer. Vous avez décrit une opinion populaire,selon laquelle  "l'enfer est tout simplement le Ciel vécu différemment." Donc, il semble qu'il y ait toujours ces questions de l'au-delà et les questions de la miséricorde et de la justice et de la colère de Dieu. Pourquoi y a-t-il tant de confusion sur ces questions? Pourquoi ne sommes-nous toujours pas au clair à ce sujet, et où pouvons-nous trouver les réponses?

-Vous soulèvez une question importante et brûlante. Et vous avez raison en disant que j'ai parlé et écrit sur certaines de ces questions, et j'ai été critiqué de ne pas suivre ce qui est devenu une ligne populaire dans les discussions modernes. Une quantité énorme des discussions qui a lieu, en particulier sur l'Internet (qui ouvre en vérité une avenue de discussion infructueuse), met l'accent sur cette idée qui est devenue immensément populaire depuis le milieu des années 1980, qu'il n'y a pas de distinction entre le ciel et l'enfer- qu'ils sont un endroit qui est "vécu différemment." Cependant, cela ne se trouve tout simplement pas dans la Tradition de l'Église, sauf pour autant que j'ai jamais été capable de le discerner, dans deux paragraphes dans toute l'histoire de l'Eglise -un de saint Grégoire de Nysse et un de saint Isaac le Syrien. Deux paragraphes… des paragraphes. Pas des livres, pas des vies, mais des paragraphes.[1]

Maintenant, il y a des raisons pour que les gens désirent considérer l'au-delà de cette manière, et généralement ces raisons découlent de la peur, et d'un manque de compréhension de l'amour du Christ, de l'amour de Dieu. 

Quand nous entendons les mots que l'Église emploie constamment, comme les "feux de l'enfer", "la punition", "le jugement" - images qui sont partout dans les Écritures, partout dans la Liturgie, partout dans notre hymnographie, notre iconographie -nous n'entendons  pas ces paroles, nous ne voyons pas ces images, avec la mentalité de l'Eglise. Nous les voyons et nous les entendons avec la mentalité du vingt et unième siècle, qui les considère comme un jugement, cruel, méchant, sans charité, sans amour. Et nous, les voyant de cette manière, sentons que nous devons les expliquer pour nous en débarrasser. "Eh bien le jugement est "mesquin," nous ne pouvons pas vraiment croire dans le jugement." "L'enfer, un enfer éternel, est une cruauté, nous ne pouvons pas vraiment croire en un enfer éternel." Il y a un élan pour éviter cette cruauté apparente par une explication.

Je comprends cela. C'est peut-être même un désir pieux. Le problème est qu'il est fondé sur un malentendu. L'Eglise ne considère pas l'enfer comme une cruauté. L'Eglise ne considère pas la mort comme une cruauté, ou le jugement comme une cruauté. 

Notre tâche devrait vraiment être de ne pas en arriver à une nouvelle vision de l'au-delà qui est plus "confortable" pour nous, mais de conformer notre compréhension à celle de l'Église; de découvrir dans la langue faisant foi de l'Eglise, le témoin authentique de l'Eglise, l'amour authentique de Dieu. 

Si ce que nous découvrons dans la voix de l'Eglise, dans la langue et l'imagerie est un Dieu cruel, alors nous n'avons pas entendu correctement la voix de l'Eglise. Donc, voilà pourquoi je pense que ces questions sont vivaces. Elles ont surgi dans toutes les cultures, parce que dans chaque ère, nous ne comprenons pas. A chaque époque, la tentation est d'entendre avec les oreilles de notre temps plutôt qu'avec les oreilles de l'Église. Dans chaque génération, nous devons nous conformer à nouveau à l'Evangile, et c'est difficile. C'est un travail acharné. Mais c'est le travail qui fait gagner la vie à une âme.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Pravoslavie.ru

NOTE:
Cette croyance est cependant bien distincte de l'apocatastase. Cette vision de l'enfer et du Paradis contestée par Père Irénei est enseignée par le Père George Metallinos, théologien de la Faculté de Théologie d'Athènes (Cf), qui cite l'Ecriture et les textes de l'Eglise à l'appui de cette thèse. Son approche, comme celle de John Romanides condamne la théorie de l'apocatastase qui inquiète à juste titre l'archimandrite Irenei ( Père John explique clairement: "La gloire incréée, que le Christ a par nature du Père, est un paradis pour ceux dont l'amour égocentrique et égoïste a été guéri et transformé en amour désintéressé. Cependant, la même gloire est  feu éternel incréé et l'enfer pour ceux qui ont choisi de demeurer dans leur égoïsme endurci.")
Théophane de Nicée ( il n'y a donc pas que saint Isaac et Grégoire de Nysse qui parlent ainsi de ce thème), enseigne que le Lumière Divine est perçue par les damnés comme feu de l'enfer. Les misothéistes (ceux qui haïssent Dieu) perçoivent la Présence de Dieu comme souffrance. Et l'enfer n'est pas un lieu, mais un état.

dimanche 23 août 2015

"La seule voix avec laquelle un chrétien orthodoxe a le droit de parole est la voix de l'Eglise:" (8)

Fr. John (Krestiankin)
Staretz Jean [Krestiankine]

Comment nous atteignons-nous cette paix? Nous atteignons cette paix en cherchant à vivre la vie de l'Eglise, en priant pour autant que nous le pouvons avec cohérence, en laissant chaque prière de la journée infuser nos vies. Cela ne veut pas dire que tout le monde a besoin d'avoir une règle de la prière de trois heures, mais quelle que soit la règle de prière que l'on a, elle doit être cohérente afin que cette respiration soit là tous les jours. 

Confessez-vous régulièrement, souvent, parce que cela vide le cœur des ennemis de la paix. Cela vide le cœur de la tourmente et de la torture et de la douleur qui empêchent la paix de résider dans le cœur. Confessez-vous fréquemment, régulièrement, priez chaque jour, autant qu'il est possible allez aux offices aussi régulièrement que possible, faites preuve de compassion envers d'autres personnes, pardonnez à ceux qui nous font du tort, ce sont les choses qui créent la paix et qui peuvent être exercées partout. Vous pouvez pardonner à vos ennemis dans le bus tout aussi facilement que vous le pouvez à la maison, si, à ce moment, dans votre cœur vous déterminez de ne pas vous accrocher à votre amertume. Donc, le monde entier peut être un moyen d'obtenir la paix, si vous comprenez que la paix est à l'intérieur [de vous]. Bien sûr, il est beaucoup plus facile dans les endroits que Dieu a consacrés pour la paix, dans un temple, dans une cellule, dans un mariage, ce qui est la raison pour laquelle Dieu bénit ces choses. C'est la raison pour laquelle Dieu nous donne des temples et des mariages et des monastères. Mais Dieu a aussi créé le monde, et malgré le fait que nous déformons et défigurons le monde, il est toujours Son monde. Dieu va même utiliser cette déchéance que nous avons façonnée, pour notre rédemption. Ainsi, au milieu de la société, au milieu d'une ville, il y a des possibilités pour les cœurs pacifiques.

- Dans un podcast avec l'archiprêtre Josias Trenham vous avez parlé de ce que vous croyez être le mauvais état de notre erudition orthodoxe aujourd'hui. Quels sont les domaines qui vous préoccupent et que voyez-vous à la nécessité fondamentale d'un enseignement orthodoxe, et comment pouvons-nous l'améliorer tout en restant fidèle à la Tradition?

- Le problème fondamental auquel nous sommes confrontés dans le monde de l'érudition orthodoxe est que nous, les chercheurs au sein de l'Orthodoxie (et je parle ici de façon très large, y compris des étudiants, des professeurs-globalement de tous ceux qui sont impliqués dans l'enseignement orthodoxe) ont tendance à être trop influencés par une approche profane pour l'étude de la théologie de l'Église. Très peu de gens pieux, à partir d'un point de vue très en phase avec l'Eglise, se mettent à étudier et à écrire sur des thèmes théologiques d'une manière profane, afin que le résultat -la fin des études que nous voyons publiées, que ce soit sur les Pères de l'Eglise, ou l'histoire de l'Eglise , ou de la vie de l'Église- finissent régulièrement par être indiscernables dans leur forme et dans leur structure d'autres études qui seraient produites par les savants profanes, sur Platon ou sur l'histoire de la guerre de Sécession. Le thème pourrait être religieux, mais la façon dont l'étude est faite, la façon dont les conclusions sont tirées, la façon dont l'information est présentée, est en grande partie selon un modèle laïque commun.

Un exemple de ceci serait l'étude des Pères de l'Église, qui est mon domaine d'intérêt. La plupart des livres qui sont publiés sur les Pères de l'Eglise, livres dits savants, même par des écrivains orthodoxes et par des maisons d'édition orthodoxes, sont vraiment impossibles à distinguer des sortes de livres que quelqu'un pourrait écrire sur le thème d'un saint orthodoxe. Ils parlent de l'histoire de la vie de la personne, des dates, des traditions textuelles, des circonstances culturelles, mais il y a très peu de chose, en gros, dans cette érudition qui traite de l'expression de la théologie orthodoxe: que nous considérons les Pères comme étant divinement inspiré; [manque] le fait que nous considérons la source de leur témoignage commun non pas simplement comme étant un patrimoine textuel partagé, mais le fait qu'ils sont inspirés par le souffle du même Dieu. 

Le fait que saint Irénée au IIe siècle ressemble beaucoup à saint Athanase au quatrième siècle ne signifie pas nécessairement que saint Athanase obtint toutes ses informations en lisant les textes de saint Irénée (bien qu'il en ait certainement lus quelques-uns). Plus important encore, ce sont deux hommes en communion avec le même Dieu, Qui leur révèle les mêmes vérités. Cette réalité, qui est si fondamentale pour notre spiritualité orthodoxe, est presque entièrement absente de l'érudition orthodoxe, et il me semble que la raison en est que nous sommes trop prêts à accepter les paramètres, les limites, de l'étude profane, qui ne comporte pas de vraie théologie  - elle ne cadre pas les observations dans les domaines de la communion divine, dans les discussions de l'inspiration divine, la prière et la spiritualité. Ceux-ci sont tous traités comme de simples principes théologiques abstraits; mais ils ne figurent d'une manière réelle dans la façon dont nous étudions, la façon dont nous établissons notre érudition. Telle est pour moi le plus gros problème auquel nous sommes confrontés, et il semble y avoir dans ce domaine une pandémie. Nous le trouvons partout. C'est la chose que nous devons absolument aborder dans la plupart dans nos études.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 22 août 2015

"La seule voix avec laquelle un chrétien orthodoxe a le droit de parole est la voix de l'Eglise:" (7)



The marytrdom of St. Stephen

Martyr de saint Etienne

Le monde pose des questions, qu'il le sache ou non. Le monde pose des questions sur l'humanité, sur la société, sur l'éthique, de la morale-même au sujet de la religion dans une certaine mesure, même s'il ne sait pas encore de quoi il veut parler à propos de la religion. Et le fait est que nous avons des réponses à ces questions. Nous avons écrit des réponses écrites à ces questions. Nous avons à dire l'héritage des Pères, et nous devons partager la voix de l'Eglise. Nous sommes appelés à être les porte-parole de cette génération pour l'héritage qui existe dans chaque génération; et si, par timidité ou manque de courage, ou peur, nous ne parlons pas (et c'est généralement par peur), alors Dieu nous tiendra pour responsables des paroles que nous n'avons pas dites. Si nous connaissions les paroles de vie et que ne les partagions pas, Dieu nous demandera des comptes pour cela.

Maintenant, bien sûr, je tiens à le réitérer, je ne dis pas que nous devrions aller aux coins des rue et devenir des "marteleurs de Bible," mais la tradition orthodoxe est de vivre et de parler. Saint Etienne est un martyr. Il a également prononcé le sermon le plus émouvant de l'histoire de l'humanité, et ce fut le sermon qui établit son martyre. C'était le sermon qui provoqua chez les gens et la foi (et il y eut des milliers baptisés), mais aussi à la réaction qui conduisit à sa mort glorieuse. Sans ses paroles sa vie aurait été très différente. Nous devons prendre l'exemple de ces deux aspects de notre tradition.

- Vous êtes un moine, mais vous êtes aussi très actif. Il semble que vous voyagez beaucoup, et je me souviens d'une citation du staretz Cléopa disant que quand il quitte son monastère et va à la ville, il lui faut des semaines pour retrouver sa paix. L'homme moderne est souvent sur la route. Que pouvez-vous dire au sujet du maintien de la paix intérieure, et de la retrouver quand nous l'avons perdu, dans notre monde occupé?

- Je devrais commencer par dire que je souhaite être moi-même meilleur à cela. Je voyage effectivement, et c'est un combat. Mais il y a un principe dans la vie orthodoxe: la paix se déplace avec vous si elle vit dans votre cœur et elle n'est pas simplement un ensemble de circonstances. Si ce que j'identifie comme la paix est une pièce calme, un manque de travail de tâcheron, une absence de bruit, un manque de personnel, le manque de distractions, il est facile pour que la paix soit emportée loin de moi au moment où je suis retiré de cette belle quiétude dans un environnement très animé. Si, cependant, la paix est une condition de quiétude intérieure, où le cœur est au repos en Christ, même au milieu d'une ville, alors on a une paix qui ne peut être ôtée, une paix qui voyage avec vous.

Maintenant, ce n'est pas du tout pour aller à l'encontre de ce que vous avez mentionné. Même Saint-Antoine, il y a tant de siècles, a déclaré "un moine hors de sa cellule est comme un poisson hors de l'eau." Oui, bien sûr il y a des endroits que Dieu nous donne spécifiquement pour favoriser la paix, et quand nous partons de ces lieux -Comme un moine dans sa cellule, ou un prêtre de sa paroisse, ou un mari près de sa femme- quand les circonstances forcent une personne à s'éloigner pour un temps de l'environnement que Dieu lui a donné pour créer la paix, bien sûr, quand vous revenez, il y a de longues périodes de réajustement pour récupérer ce que vous avez perdu. Mais cela ne nie pas le fait qu'il peut y avoir une paix dans le cœur qui n'est pas spécifique à une situation ou à un endroit. Ceci est la paix que nous voyons dans les martyrs, qui restent pacifiques quand ils sont chez eux, ou quand ils sont dans l'arène avec les lions; qui restent pacifiques quand ils prêcher entre amis, ou quand ils sont sur le bûcher et que les flammes leur lèchent les pieds - [c'est] la paix qui surpasse toute intelligence, comme les Écritures le disent (Phil. 4: 7). Et c'est ce que nous devons encourager si nous voulons encore rester sains d'esprit dans le monde moderne, parce que le monde moderne cherche tout le temps à nous voler notre paix. Le monde est une ruche constante de distractions; et si notre paix est externe, alors le monde sera vainqueur. Il gagnera toujours, dans cette triste circonstance. Mais si la paix du Christ habite dans le cœur, alors le monde ne peut pas la vaincre.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Monastère de l'ERHF en Australie

http://www.russianorthodoxchurch.ws/synod/2015/20150820_bpgeorgetransfiguration.html

Mercredi, 19 août 2015, pour la fête de la Transfiguration du Seigneur, Sa Grâce Georges, évêque de Canberra, vicaire du diocèse d'Australie et de Nouvelle-Zélande, a conduit la célébration de la fête patronale du monastère d'hommes de la Transfiguration dans les Snowy Mountains de  Nouvelle-Galles du Sud en Australie.

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