"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 30 octobre 2014

Sur le blog Orthodox England


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Archimandrite Nectaire (Golovkine)


L'archevêque de Canterbury, Justin Welby, a déclaré dans une interview au journal The Independent, bien connu pour son attitude agnostique libérale-démocrate, qu'il doute parfois de l'existence de Dieu à cause des injustices dans le monde. 

"L'autre jour, je priais pour quelque chose tandis que je courais, et je me suis retrouvé disant à Dieu: Regarde tout cela est très bien, mais n'est-il pas temps que Tu fasses quelque chose - si Tu es là. Plus tôt dans l'interview, quand on lui demanda s'il avait des moments de doute, l'archevêque Welby a répondu: Oui. De beaucoup de façons différentes. Il y a des moments, bien sûr, où on pense y a-t-il un Dieu, où est Dieu?" 

Cette entrevue scandaleuse a suscité aujourd'hui les commentaires caractéristiques d'un prêtre orthodoxe bien connu de Saint-Pétersbourg, l'archimandrite Nectaire (Golovkine). Il a dit: 

" Le catholicisme occidental a donné naissance au protestantisme, ce qui a entraîné le rationalisme et l'athéisme. Volà la chaîne spirituelle du catholicisme. La grâce de Dieu quitte ceux qui tombent loin du système vivant et enraciné dans l'Orthodoxie. L'âme de celui qui a chû loin de Dieu n'est pas en contact avec les miracles de la grâce, mais est soumise à l'invasion de signes faux et démoniaques. Ce malheureux homme, chef de l'Église d'Angleterre, n'a pas été trouvé digne d'assister à un seul miracle dans sa vie. Dans l'Église orthodoxe chaque prêtre est à plusieurs reprises en contact avec des miracles divins dans son ministère." 

Je peux énumérer un nombre incalculable de miracles dans mes trente années de ministère pastoral. Il y a eu des miracles depuis l'envoi de pluie par les prières de chrétiens orthodoxes, jusques aux signes étonnants et incompréhensibles de Dieu. Je ne puis que me sentir désolé pour cet anglican parce qu'il appartient à une soi-disant église qui est stérile. Il n'y a pas de Grâce en elle, aucune sensation de se tenir devant Dieu." 

"Le chef de l'Église d'Angleterre appartient à une branche sèche qui est tombée. L'Anglicanisme a abandonné la puissance vivante de l'Orthodoxie, l'organisme enraciné alimenté par la grâce de l'Esprit Saint. Nous n'avons pas renversé et gaspillé l'enseignement apostolique, nous l'avons gardé avec le plus grand soin, nous avons pris en charge le Calice de la Grâce de Dieu au sein de l'Eglise Orthodoxe." 

"La déclaration de cet anglican est révélatrice de l'état d'une âme qui est en dehors de la grâce de l'Eglise orthodoxe... Ce n'est pas par hasard qu'il est dit: "Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il fait grâce aux humbles. L'orgueil qui a engendré la chute hors de l'Orthodoxie a produit la résistance divine. Toutes les sectes et hérésies ont surgi dans l'orgueil. Quand un réformateur ou un autre expose son enseignement, il s'oppose à l'Église, aux Conciles Œcuméniques. Quand quelqu'un quitte l'Eglise, c'est un signe d'orgueil, qui l'allie avec le Diable." 

Pour notre part, nous nous demandons pourquoi l'ancien directeur de l'huile, Justin Welby, n'a pas l'honnêteté de donner son gros salaire et sa prestigieuse maison et de remettre son office à quelqu'un qui croit vraiment en Jésus-Christ et qui connaît le Fils de Dieu. 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant 

mercredi 29 octobre 2014

VIE DE SAINT GALL, MOINE ET HIGOUMENE EN HELVETIE



Sketch iconographique de l’auteur paru dans Orthodox America.

SAINT GALL,

fêté le 16/29 Octobre

Tropaire Ton 8 
Comme compagnon du grand saint Colomban,/ ô Père Gall, tu as voyagé à travers tout le pays des Francs. / Et ta vie d’ascèse contrastait avec celle des prélats mondains que tu rencontrais./ Ouvre pour nous aussi, nous t’en prions,/ Les trésors du sacrifice et du combat de l’ascèse,/ Afin que nous aussi nous puissions atteindre la joie du salut éternel. 


*

Saint Gall, disciple le plus célèbre de saint Colomban, naquit vers le milieu du Vlème siècle (551), en Irlande. Ses parents le confièrent dès sa jeunesse au monastère de Bangor, où il fut éduqué par saint Comgall et saint Colomban. Ce monastère était fort renommé pour son école dont l'excellence allait de pair avec la grande piété de ses moines. Le jeune Cellach qui devait devenir Gall, s'y rendit très expert en poésie et en Écriture sainte. Le jugeant digne de ce redoutable office, saint Colomban éleva Gall au sacerdoce, et après une longue période d'ascétisme, décida avec la bénédiction de saint Comgall - de l'emmener avec lui, et avec onze autres moines, pour prêcher la parole de Dieu. 

Père Colomban et ses douze disciples allèrent d'abord en Angleterre, puis ils passèrent en France vers l'an du Seigneur 585. Grâce à la bienveillance d'un roi franc, ils s'installèrent a Annegray, dans les Vosges, où ils fondèrent une communauté monastique. Grâce au rayonnement de l'higoumène Colomban, les disciples affluèrent. 

Vers 590, saint Colomban fonda avec saint Gall une nouvelle communauté à Luxeuil, ville thermale qui avait été totalement dévastée par les Huns. Dans une vieille maison en ruine, une chapelle, puis un monastère furent construits où encore une fois les disciples nouveaux se présentèrent, attirés par la sainteté évidente de l'higoumène. Le monastère s'agrandit, les moines abondèrent, et la renommée du lieu fut telle - dit la chronique -, que le roi Thierry, fils de Childebert, venait souvent visiter le saint père Colomban et ses disciples. L'higoumène, cependant, n'avait pas de molles complaisances pour les grands de ce monde. Il reprenait sans discontinuer le roi Thierry, de ce que, méprisant son épouse légitime, il s'abandonnait à l'amour coupable de ses concubines. Thierry avait beaucoup de déférence pour le saint moine, et cela alarma au plus haut point sa mère. Celle-ci, Brunehaut, voyant que Thierry estimait saint Colomban, craignit qu'il ne se range à ses doctes conseils, répudiant ses concubines pour n'aimer plus que son épouse légitime, et de ce fait, diminuant le pouvoir qu'elle avait comme reine mère, à cause de l'éloignement de sa bru. 

Elle décida d'éloigner saint Colomban. Elle fit donner ordre au saint de quitter le royaume, ce qu'il fit avec saint Gall - compagnon de toutes ses peines et de toutes ses joies -, et avec quelques moines. Ils partirent vers 610 dans les états de Théodebert, alors roi d’Austrasie, dont la résidence était à Metz. Ils parcoururent ensemble toute l'Allemagne, avec mille peines et mille persécutions. « Dès qu'ils s'établissaient en un lieu, dit la chronique, le Malin, qui savait ce qu'il devait craindre, suscitait des gens pour les rechasser dans un autre lieu. » 

Enfin, le pieux Villemar, prêtre d'Arbonne, près du lac de Constance, leur assura un lieu de retraite à Bregentz. Ils s'y construisirent des cellules et entreprirent immédiatement de convertir les païens de la région. Ils réussirent même à les persuader de briser leurs idoles pour les jeter dans le lac. Deux moines moururent, martyrisés par ceux de ces païens qui restèrent dans les ténèbres de l'ignorance. Les corps de ces deux martyrs furent placés sous l'autel de l'abbaye d'Angia-Major ou Brigantina, plus tard appelée Mererau en Souabe. Thierry étant devenu roi d'Austrasie après avoir tué Théodebert dans un combat, saint Colomban décida d'aller en Italie, demandant à saint Gall de le suivre. Ce dernier, fortement malade, demanda à rester à Bregentz. Cette maladie faisait que pour la première fois, il ne pouvait obéir à son père spirituel et le suivre. 

La chronique nous dit que saint Colomban, qui avait résolu ce voyage, lui permit de ne pas le suivre, lui donna sa paix, mais lui enjoignit très fermement de ne plus jamais célébrer la Divine Liturgie tant que lui, Colomban, serait en vie. Saint Colomban partit donc pour l'Italie vers l'année 612. Sa santé rétablie, saint Gall remonta le lac avec quelques compagnons et ils construisirent quelques cellules. Ce sont ces quelques cellules qui sont à l'origine du monastère de Saint-Gall tel qu'il exista ensuite…Il apprit la langue du pays et convertit une telle quantité d'idolâtres, qu'il reçut le titre d'apôtre de Constance. 

Il accomplit aussi beaucoup de miracles et de guérisons. La fille du duc Gouzon (ou Gunzon), était possédée. Notre bon saint la délivra du malin et le duc voulut donner un évêché à saint Gall. Mais ce dernier refusa toujours. La chronique mentionne aussi que le duc voulut lui donner beaucoup d'or, et que le saint ne put refuser. Il s'en débarrassa promptement en le donnant aux pauvres. Et comme un diacre lui montrait un vase qu'il voulait garder pour s'en servir à l'autel, saint Gall lui répondit : « Non, ne le garde point, il faut pouvoir dire avec saint Pierre : je n'ai ni or, ni argent. » (Actes 3 :6). 

Le jour d'une grande fête, après les matines, saint Gall eut la révélation que son saint père Colomban venait de mourir. Il en avertit sa communauté et ils célébrèrent un office de funérailles. Puis il envoya un de ses moines s'assurer de ce qui était arrivé. Le moine revint avec la nouvelle de la mort de saint Colomban confirmée, et une lettre des moines de ce saint higoumène. Cette missive expliquait qu'avant de mourir, celui-ci avait recommandé que l'on donne son bâton abbatial à son disciple Gall en signe d'absolution pour son manquement à le suivre en Italie. 

Saint Gall versa d'abondantes larmes, car jamais il n'avait cessé d'aimer son père Colomban, et il lui avait obéi jusque là, ne célébrant point la divine Liturgie, et refusant pour cela les évêchés qu'on voulait le forcer d'accepter. Son saint père Colomban l'avait en cela préservé dans cette rude vie monastique qui était si chère au coeur des moines irlandais. Saint Gall ne quittait sa cellule que pour aller prêcher la Bonne Nouvelle : il s'attachait à l'évangélisation et à l'instruction des plus humbles, des plus misérables des hommes, puis il repartait dans son ermitage. Comme notre père parmi les saints, Séraphim de Sarov, il avait pour ami un ours qui lui rendait visite fréquemment et lui apportait quelquefois son bois ! Cet ours figure d'ailleurs toujours dans les armes de la ville de saint Gall, jusqu'à ce jour, et ce, en mémoire du saint ermite.

Comme notre père Séraphim de Sarov, il passait des jours et des nuits en prières ardentes et dans la méditation constante de la parole de Dieu. La chronique dit que le pieux roi Sigebert, fondateur de nombreux monastères - il est compté parmi les saints et fêté le premier février -, avait une grande vénération pour saint Gall et que sa fille refusa un mariage qu'on lui proposait pour devenir moniale auprès de son monastère. En 625, saint Eutase, higoumène de Luxeuil, mourut, et ses moines choisirent saint Gall pour lui succéder. Cependant, le monastère de Luxeuil était devenu trop riche et notre père craignait la richesse comme la peste. 


L'importance numérique des moines fut aussi certainement ce qui incita saint Gall à refuser et à rester en son propre ermitage. Saint Gall dirigeait ses moines selon la règle de saint Colomban. Celle-ci comprenait une règle monastique très stricte fondée sur l'obéissance absolue, le silence, le jeûne et l'abstinence. Elle était complétée par un code pénitentiel qui prévoyait des peines extrêmement dures pour tout manquement à la règle monastique. Le seul écrit de saint Gall que nous possédions est un sermon qu'il prononça pour le sacre de son disciple Jean, lorsque celui-ci devint évêque. On avait d'abord proposé cette charge à saint Colomban qui l'avait refusée et avait recommandé Jean, son diacre, lequel fut élu à l'unanimité à la fonction épiscopale. On trouve le texte de ce sermon dans les Lectiones Antiquæ de Canisius. 

Saint Gall mourut le 16 Octobre de l'an de notre Seigneur 646, après une courte maladie. La chronique mentionne qu'il avait atteint l'âge vénérable de 95 ans. Cette chronique qui, étayée par d'autres documents anciens, est à l'origine de ma relation de la vie de saint Gall, fut écrite par Vualfrid ou Walafride Strabon qui fut moine du monastère de Saint Gall, puis higoumène d'un monastère du diocèse de Constance. Il mourut en 849, soit deux siècles environ après la mort de saint Gall, et c'est au monastère de ce dernier qu'il recueillit les pieux souvenirs de sa vie. 


Saint Gall prie Dieu pour nous ! 


Claude Lopez-Ginisty

mardi 28 octobre 2014

Père, donne-moi ta bénédiction pour me pendre!


Fr. Anatoly (Proskurin)

Père Anatoly ( Proskourin)

Il y a plus de dix ans, l'incident suivant arriva dans notre paroisse. J'étais servant d'autel à l'époque, servant avec le recteur de l'église de la Mère de Dieu "du Don" dans la ville de Mytischi (juste au nord de Moscou), le Père Anatoly (Proskourin). 

Un homme vint vers lui et dit: "Père, la vie est dure. Donne-moi la bénédiction pour me pendre." 

Vous pouvez imaginer la surprise du Père. Cependant, Père Anatoly l'écouta, l'entendit jusqu'au bout, et il lui  expliqua que la prise de sa propre vie par le suicide est un péché terrible, et que la vie humaine est un don inestimable de Dieu. Mais l'homme ne voulait rien entendre, et il continua à essayer d'infléchir la volonté du prêtre pour qu'il lui donne une bénédiction pour se suicider. 

Alors le Père Anatoly dit: "Très bien. Seulement, lorsque tu te pendras, dis ceci: "Seigneur, je Te donne mon esprit, et mon corps je le donne à vous les démons."

Pourquoi le Père Anatoly lui donna-t-il ce conseil, et que percevait-il à ce moment est encore un mystère pour moi. Mais l'homme fut satisfait de cette réponse, et il partit avec un plan précis. Bien sûr, je comprends maintenant que le Père Anatoly commença sans doute à prier pour ce malheureux. Bien sûr, le Père ne pouvait pas permettre à quelqu'un de commettre un péché aussi terrible, qui pourrait détruire l'âme de l'homme et la sienne, parce qu'il avait pris la responsabilité de cet homme malheureux devant Dieu... 

Mais voici la partie la plus intéressante. Peu de temps après l'homme arriva en courant (en courant vraiment!), tremblant comme une feuille d'automne, il commença confusément à raconter ce qui lui était arrivé après qu'il ait quitté l'église où il avait parlé avec le Père Anatoly: 

"Je suis arrivé à la maison. J'ai pris la corde. Je me suis mis debout sur le tabouret. J'ai mis le nœud coulant autour de mon cou et j'ai dit mot pour mot ce que tu m'as dit de dire, à savoir: "Seigneur, je Te donne mon esprit, et mon corps je le donne à vous les démons." Après avoir dit cela, je sentis le froid glacial de certains êtres à côté de moi. C'étaient des démons, et ils me disaient: "Pourquoi aurions-nous besoin de ton corps puant? Nous avons besoin de ton âme." 

Inutile de dire qu'après cette révélation, le malheureux a sauté hors du nœud coulant et couru à l'église, vers Père Anatoly. Je ne sais pas où il est maintenant, mais j'espère que tout va bien pour lui. Dieu l'a sauvé alors. 

Ceci arriva au début de ce siècle. En 2004, le Père Anatoly partit vers le Seigneur, et il prie maintenant pour nous devant le trône du Très-Haut.

Version Française Claude Lopez-Ginisty

Sur Parlons d'Orthodoxie: Au Synode, l’Église orthodoxe russe a interpellé les gréco-catholiques d’Ukraine



Dans son texte, rendu public par le Patriarcat de Moscou, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a dénoncé « l’influence du relativisme moral » et a fait l’éloge de l’ordination sacerdotale d’hommes mariés. 

Invité par le pape François au Synode des évêques sur la famille au Vatican, le métropolite orthodoxe russe Hilarion de Volokolamsk, y a prononcé jeudi 16 octobre un discours vigoureux qui n’avait pas été publié par le Saint-Siègecontrairement aux interventions des autres délégués fraternels – mais que le Patriarcat de Moscou a rendu public sur son site Internet alors que l’Ukraine procède ce dimanche 26 à ses élections législatives.

Devant les pères synodaux, le président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou a dénoncé « l’influence du relativisme moral », y compris « chez de nombreux chrétiens » et a fait l’éloge de l’ordination sacerdotale d’hommes mariés. 

Sortant du thème du Synode, le métropolite Hilarion a aussi directement mis en cause l’attitude de l’Église gréco-catholique en Ukraine dénonçant son « rôle clé » dans le conflit en cours en Ukraine. 

« Arracher les fidèles orthodoxes ukrainiens à l’Église mère du Patriarcat de Moscou » 
En présence du pape François, il a accusé les gréco-catholiques de « coopérer activement avec des groupes schismatiques », ainsi que Moscou désigne le Patriarcat de Kiev créé en 1992 par le patriarche Filaret en dissidence de l’Église orthodoxe russe. « Au nom de l’Église orthodoxe russe et de ses nombreux millions de fidèles, a affirmé le métropolite Hilarion, je voudrais désormais m’adresser aux représentants de l’Église gréco-catholique présents dans cette salle pour leur demander de s’abstenir de déclarations sur des thèmes politiques et de toute forme de soutien aux schismatiques, ainsi que d’appels à la création d’une Église nationale ukrainienne unifiée. » 

« Une vérité très simple se cache derrière cet appel », a poursuivi le religieux russe, à savoir « arracher les fidèles orthodoxes ukrainiens à l’Église mère du Patriarcat de Moscou ». 

« Influence du relativisme moral » 

Évoquant largement le thème du Synode des évêques sur la famille, trois jours après un rapport intermédiaire partiellement contesté, le métropolite Hilarion a par ailleurs dénoncé devant les pères synodaux « l’influence du relativisme moral y compris chez de nombreux chrétiens ». Ceux-ci, a-t-il expliqué, « professent en parole l’enseignement de l’Église sur la famille, mais s’en écartent dans la pratique ». 

Il a alors fustigé, dans la société actuelle, « le processus de démontage des valeurs enracinées dans les traditions religieuses », « la manipulation des concepts de liberté et de tolérance », ainsi que « l’agressivité toujours plus grande » avec laquelle sont prêchées « les idées du relativisme moral ». SUITE Nicolas Senèze (avec Apic/I.Media)

lundi 27 octobre 2014

Père Richard [Rene]Mystère, beauté et prière de Jésus


Le Père Richard [Rene] est prêtre de l'Eglise orthodoxe d'Amérique (OCA),  écrivain professionnel, et il a publié un certain nombre de poèmes, de nouvelles et de romans. Il dispose également d'un podcast sur ​​Ancient Faith Radio et il poste régulièrement des sermons et des réflexions sur son blog Mysterion.

Mystère, La Belle et la prière de Jésus


Un ami et collègue pasteur a récemment partagé son opinion selon laquelle l'Église orthodoxe à Cranbrook existe pour témoigner des dimensions de la beauté et du mystère qui sont trop facilement oubliées dans le christianisme post-moderne. Je suis d'accord. 

Dostoïevski a dit: "La beauté sauvera le monde." Il peut bien avoir parlé là de sa propre foi chrétienne orthodoxe, qui met à la fois la beauté et le mystère au cœur de sa culture et de culte spirituel.

Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky
Dostoïevski

Qu'est-ce que la beauté? Ce n'est pas d'abord un ensemble de normes par lesquelles la société juge certaines choses ou personnes plus agréables à l'œil que d'autres. La beauté, est plutôt la gloire de Dieu qui brille dans la vie de ses enfants. 

Un des Pères de l'Eglise a dit: "La gloire de Dieu, c'est un être humain pleinement vivant." Quand nous vivons des vies humaines pleines, et authentiques telles que Dieu les a créés pour ce but, Sa gloire rayonne à travers nous d'une manière qui est unique à chacun de nous. Ce rayonnement est ce qui nous rend vraiment beaux, quelle que soit notre apparence physique ou nos attributs du monde.

Comment alors acquérons-nous cette beauté dans nos vies? Voilà où le mystère entre en jeu. Dans la tradition orthodoxe, le mystère a un sens très précis, qui est suggéré dans l'épître de Saint Paul aux Ephésiens (1:7-10): "En Lui nous avons la rédemption par Son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de Sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous par toute espèce de sagesse et d'intelligence, nous faisant connaître le mystère de Sa volonté, selon le bienveillant dessein qu'il avait formé en Lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre.Le mystère de Dieu n'est rien de moins que la personne divine et humaine de Jésus-Christ, qui unit toutes choses dans les cieux et sur ​​la terre de Dieu en Lui-même.

En rencontrant le mystère qui est Jésus-Christ, en revêtant le Christ, comme saint Paul le dit, nous pouvons devenir "participants de la nature divine" (2 Pierre 1: 4), et en participant à Sa vie divine, nous entrons dans Sa beauté et nous sommes réunis avec le Dieu qui nous a faits pour Lui-même. La prophétie de Dostoïevski est remplie: la beauté sauve en effet le monde.




Au VIème siècle de notre ère, un moine et écrivain du nom de Jean Moschos amena son disciple Sophrone en pèlerinage aux anciens lieux saints du christianisme. En chemin, ils visitèrent en Egypte un monastère, situé sur le site où Antoine le Grand, fondateur du monachisme, passa  la plupart de sa vie dans une grotte du désert. Ils allèrent aussi au Mont Sinaï, où un autre monastère fut construit sur ​​le site où Moïse avait vu le Buisson Ardent.

Dans leur pèlerinage, le but des pèlerins était simple: découvrir un moyen pratique de rencontrer le mystère de Jésus-Christ et de devenir participants de la nature divine. En bref, ils voulaient savoir comment être sauvés. Les nombreux chefs spirituels chrétiens qu'ils rencontraient pendant ​​leurs voyages témoignaient d'une seule pratique, qui commença au début du IIIème siècle et fut appelée plus tard "hésychie" (La voie du calme intérieur). La pratique de l'hésychie, selon les anciens, implique d'être assis ou debout dans un coin tranquille, en concentrant toute son attention sur son rythme cardiaque et en répétant avec attention une seule courte prière: "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi!"

Jean et Sophrone découvrirent que cette simple prière appelée "Prière de Jésus," est en fait le cœur de l'ancienne spiritualité chrétienne. À ce jour, l'hésychie reste la pratique spirituelle la plus importante de l'Eglise orthodoxe. 

L'essence de la prière de Jésus consiste dans le terme "pitié", qui dans la tradition orthodoxe connote la guérison et la plénitude, plutôt que le pardon ou la clémence. 

Quotidiennement, instant après instant et battement de cœur après par battement de coeur, nous faisons appel à Jésus-Christ pour nous guérir, panser les blessures mortelles du péché que nous nous sommes infligées nous-mêmes, et nous réunir avec Dieu dans l'amour et la joie. 

Pour invoquer de nouveau l'idée de Dostoïevski, l'hésychie nous permet de faire appel à la beauté de la gloire de Dieu révélée en Jésus-Christ pour nous sauver, en nous restaurant à la véritable humanité pour laquelle nous avons été créés.

Un récent documentaire du Dr Norris Chumley et du révérend Père John McGuckin intitulé Mystères de la prière de Jésus (www.mysteriesofthejesusprayer.com) retrace les étapes de ces pèlerins chrétiens du VIème siècle, nous amenant sur des sites qu'ils ont visités, qui agissent encore comme des lieux de silence intérieur aujourd'hui. Si vous n'avez pas eu l'occasion de voir ce film remarquable, je vous invite à le faire. Vous retrouverez un secret vieux de deux mille ans, une sagesse cachée qui nous parle aujourd'hui avec une nouvelle urgence, nous montrant comment trouver la vraie beauté dans un temps de désolation et de destruction, comment trouver la paix intérieure dans un temps de conflit et de haine, et comment être réunis avec Dieu et les uns aux autres, en un temps d'aliénation et de division.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 26 octobre 2014

Olga GLAGOLEVA: Saint Ambroise d'Optina (2 et fin)

S. Ivleva: St. Ambrose of Optina, 2002.
S. Ivleva: Saint Ambroise d'Optina 2002. 

C'était Ambroise, par la Providence de Dieu, qui était destiné à devenir l'un des maillons de la lignée des quatorze startsy d'Optina: il prit la place du staretz Macaire après la mort de ce dernier, et pendant une période de 30 années il s'occupa à répondre aux besoins spirituels des âmes souffrantes.

Le staretz Ambroise apparut à l'Ermitage d'Optina et attira fortement l'attention des milieux exclusivement intellectuels juste au moment où cette intelligentsia était saisie par la pensée philosophique occidentale. Lui-même un jour l'âme de la société, ayant aimé tout ce qui était du monde (il chantait et dansait bien), pour qui un "monastère était synonyme de tombeau," comprit mieux que quiconque la recherche spirituelle de l'intelligentsia, et par sa propre vie témoigna du fait que la voie qu'il avait choisie était l'idéal de ce bonheur vers lequel  tout le monde doit tendre.

Vrais sont ces paroles: la force de Dieu s'accomplit dans la faiblesse (2 Cor 12: 9). En dépit de ses souffrances physiques, qui le gardaient alité presque tout le temps, frère Ambroise, qui à cette époque possédait déjà toute une gamme de dons -de clairvoyance spirituelle, de guérison, le don d'exhortation spirituelle, et d'autres dons encore, reçut des foules de personnes tous les jours, et répondit à des dizaines de lettres. Un tel gigantesque travail ne pouvait être accompli par la seule force humaine, là était manifestement présente la vivifiante grâce divine.

Parmi les dons spirituels pleins de grâce de frère Ambroise, qui attiraient des milliers de personnes à lui, nous devons mentionner tout d'abord sa clairvoyance: il pénétrait profondément l'âme de la personne qui parlait avec lui et y lisait comme dans un livre ouvert, n'ayant nul besoin de l'aide de cette personne. Mais la charité était tout simplement son exigence: le staretz Ambroise distribuait des aumônes, et montrait un intérêt personnel pour les veuves, les orphelins, les malades et tous ceux qui souffraient.

Durant les dernières années de la vie du staretz, avec sa bénédiction, l'Ermitage féminin de l'Icône de la Mère de Dieu de Kazan fut construit à 12 verstes (8, 5 km) de l'Ermitage d'Optina, dans le village de Chamordino. 

L'ordre et l'harmonie du couvent furent établis par le staretz Ambroise lui-même, et il tonsura dans le monachisme de ses propres mains, nombre de moniales du couvent. À la fin des années 1890, le nombre de moniales au couvent avait atteint 1000, car il était pourvu d'un orphelinat, d'une école, d'un hospice et d'un hôpital.

C'est à Chamordino que frère Ambroise était destiné à trouver la mort: en Octobre 1891, dans la soixante-dix-neuvième année de sa vie.

Maximes et Aphorismes du staretz Ambrose :

Nous devrions vivre comme tourne une roue -à peine toucher la terre, tandis que tout le reste est toujours dirigé vers le haut.

Pourquoi les gens sont-ils mauvais? Parce qu'ils oublient que Dieu est au-dessus d'​​eux!

Si vous faites quelque chose de bien, vous devriez ne le faire que pour Dieu, et vous ne devriez pas prêter attention lorsque les gens sont ingrats.

La vérité est dure, mais c'est la bien-aimée de Dieu.

Pour vivre, ne vous affligez pas, ne critiquez pas, n'irritez personne, et à tous -mes salutations.

Celui qui nous fait reproche nous donne un cadeau, mais celui qui nous loue, nous vole.

Il faut vivre sans hypocrisie, et à tous  donner un exemple; alors notre labeur sera sûr, sinon il s'avèrera mauvais. (8)

L'hypocrisie est pire que l'incrédulité.

Vous n'êtes pas humble (9) de vous-même, et de ce fait vous n'avez aucune paix.

Notre amour-propre est la racine de tous les maux.

Version française Claude Lopez-Ginisty


NOTES:

(8) extrait de Vivre sans hypocrisie (Living without Hypocrisy): traduction anglaise par l'évêque George Schaefer) : Conseils spirituels des saints startsy d'Optina.

(9) signifie aussi, " si vous n'acceptait pas vous-même" [ la volonté de Dieu].

Le Monastère de Sainte Catherine du Sinaï réfute les rapports d'attaques contre lui.

Rectification à propos de l'article publié hier dimanche sur le Sinaï et retiré du blog:


Dans sa déclaration officielle, le monastère Sainte-Catherine du Sinaï a nié les rapports par les médias chrétiens d'Egypte d'attaques sur le monastère et les a qualifiées  "d'irresponsables et fausses", rapporte Romfea.

Les islamistes n'ont pas attaqué le monastère et n'ont pas pris de moines en otage, dit le message.

Il convient de noter qu'il y a une dizaine de jours, un certain nombre de médias égyptiens, se référant à l'avocat bien connu Dr Iyhab Ramzy et à l'enquête des journalistes par le site Web copte Nouvelles d'Aujourd'hui, a affirmé le contraire. 

Le monastère de Sainte-Catherine sur le mont Sinaï est, selon le rapport de l'UNESCO, le plus ancien monastère en fonction dans le monde. Le monastère, avec plusieurs dépendances dans la région, constitue l'ensemble de l'Église orthodoxe du mont Sinaï, qui est dirigée par un archevêque, qui est également l'higoumène du monastère. Il est considéré comme autocéphale dans le monde orthodoxe, et ne fait pas partie de l'Eglise Copte Egyptienne.

samedi 25 octobre 2014

Olga GLAGOLEVA: Saint Ambroise d'Optina (1/2)


St. Ambrose of Optina
Saint Ambroise d'Optina 

Dans l'histoire de la Russie, comme dans l'histoire du monde, il y a des saints qui servent de "jalons", pour ainsi dire, sur la route du Très-Haut. Un tel juste était saint Ambroise d'Optina, dont la mémoire [était] célébrée [hier]le 10 / 23 octobre.

Le futur grand staretz d'Optina, le hiéromoine Ambroise, est né le 4 décembre 1812, dans la ville de Grande-Lipovitsa dans le gouvernement (1) de Tambov, au sein de la grande famille de Michael Féodorovich Grenkov, un sacristain, et de sa femme, Martha Nikolaïevna. A douze ans ses parents l'inscrivent à l'école théologique de Tambov, et après avoir obtenu son diplôme en 1830, il entra au Séminaire théologique de Tambov. Ses études furent complétées avec succès en six ans (2), mais Alexandre n'entra pas à l'Académie théologique, et ne devint pas prêtre non plus. Pendant un temps, il fut précepteur dans la famille d'un certain propriétaire, et après cela instructeur à l'École théologique de Lipetsk. 

À l'âge de vingt-sept ans, tourmenté par des remords de conscience à cause de la promesse qu'il avait faite à Dieu dans la dernière classe de séminaire d'être tonsuré moine s'il guérissait de sa grave maladie, Alexandre Mikhaïlovitch secrètement, sans même demander la permission aux autorités diocésaines, s'enfuit à l'Ermitage d'Optina, qui à l'époque était une "colonne de feu dans l'obscurité de la nuit environnante, qui attirait tous ceux qui étaient de quelque manière à la recherche de la Lumière." 

Par tradition, ce monastère, à trois verstes (environ 3,2 kilomètres) de la ville de Kozel'sk, entouré sur trois côtés par d'impénétrables forêts vierges, et sur ​​le quatrième par la rivière Jizdra, fut fondé par un voleur repentant nommé Opta, compagnon d'armes de l'Ataman Kudeyar (3). 

A la base de la vie de ce monastère était le strict maintien des trois règles: une vie monastique stricte, la préservation [des voeux de] pauvreté, et l'aspiration de faire les choses toujours et en tout dans la vérité, dans l'absence totale d'acception des personnes. Parmi ceux qui y ont vécu, il y eut de grands lutteurs de piété et de grands hommes de prière, qui prièrent pour la Russie orthodoxe. Alexandre Mikhaïlovitch est arrivé là, on peut le dire, au temps florissant du monachisme d'Optina, lorsque ces grands piliers qu'étaient l'higoumène Moïse, et les startsy Léon et Macaire étaient vivants.

En Avril 1840, environ un an après son arrivée à Optina, Alexandre Mikhaïlovitch Grenkov devint moine. Il se joignit activement à la vie quotidienne du monastère: il brassait la levure, faisait des petits pains, et il fut l'aide d'un cuisinier pour une année entière. Après deux ans, il fut tonsuré dans le mantia (4) et on lui donna le nom d'Ambroise. En 1845, après cinq ans de vie au monastère d'Optina, Ambroise, âgé de 33 ans était déjà devenu hiéromoine. 

Son état de santé se détériora nettement durant ces années, et en 1846, il fut contraint de se retirer, car il était incapable d'accomplir ses obédiences, et il fut mis sur la liste des personnes qui étaient prises en charge par le monastère. 

Bientôt l'état de sa santé devint si grave qu'ils attendaient sa mort, et selon l'ancienne coutume russe, le père Ambroise fut tonsuré dans le grand schème. Mais impénétrables sont les voies du Seigneur: en deux ans, de façon inattendue pour beaucoup, le patient commença à aller mieux. Comme il le dit lui-même plus tard: "Dans un monastère, les malades ne meurent pas de sitôt, tant que la maladie leur apporte un bénéfice réel." 

Ce n'était pas seulement par les infirmités corporelles que le Seigneur forma l'esprit du futur grand staretz (5). Particulièrement importante fut son association avec les startsy Léon et Macaire, qui, voyant en Ambroise un vase d'élection de Dieu, parlaient de lui en nuls autres  termes que ceux-ci "Ambroise sera un grand homme." 

En écoutant les sages conseils du staretz Léon, il était en même temps très attaché au staretz Macaire. Il conversait souvent avec lui, lui ouvrait son âme et recevait des conseils qui étaient importants pour lui, et il l'aidait dans le travail d'édition de livres spirituels. Le jeune ascète avait enfin trouvé ce à quoi son âme aspirait ardemment depuis longtemps. Il écrivit à ses amis sur le bonheur spirituel qui s'ouvrait à lui à l'Ermitage d'Optina. 

"Tout comme toutes les routes menant au sommet d'une montagne se rejoignent au sommet, de même aussi à Optina, ce pic spirituel, le podvig (6) spirituel élevé de l'activité intérieure s'est uni au service du monde dans toute sa plénitude à la fois spirituelle et suivant les besoins du monde. "Les gens venaient vers les startsy pour le réconfort, la guérison et les conseils... Les personnes qui s'étaient emmêlées dans leurs problèmes matériels ou dans des quêtes philosophiques venaient aux startsy, et c'était à Optina que les êtres assoiffés de la plus haute vérité spirituelle se précipitaient -chacun étanchait sa soif à cette source d'eau vive." Les grands penseurs de l'époque, les philosophes et les écrivains de haut rang, y vinrent plus d'une ou deux fois: Gogol, Alexis et Léon Tolstoï, Dostoïevski, Vladimir Soloviev, Constantin Léontiev... Il est impossible de tous les compter. 

Pour un Russe, un staretz est un homme envoyé par Dieu Lui-même. Selon les paroles de F.M. Dostoïevski, "Pour une âme russe, fatiguée par le travail et la peine et surtout, par l'injustice constante et le péché constant, à la fois le sien et celui du monde, il n'est pas de besoin ou de consolation plus forts  que de trouver un sanctuaire ou un saint, de se prosterner devant lui et de faire un métanie devant lui. Si nous avons le péché, le mensonge, ou la tentation, néanmoins il est sur ​​la terre là-bas, quelque part, un saint et un être élevé spirituellement qui lui, au contraire, a la vérité. Cela signifie que la vérité ne meurt pas sur terre, et par conséquent, cela signifie qu'elle viendra à nous aussi, un jour, et règnera sur toute la terre, comme promis."(7)

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 


NOTES:

(1) Gubernia-ancien géographique, la division administrative de la Russie. 

(2) Le délai normal pour l'enseignement universitaire ou supérieur, alors en Russie. L'Académie Théologique était la prochaine étape. 

(3 ) L'Ataman Kudeyar était à la tête d'une bande de voleur (Ataman est le titre de chef cosaque) au sujet de laquelle une chanson populaire russe célèbre a été écrite intitulé, "La légende des douze brigands". Kudeyar et sa bande vivaient dans les forêts, extorquaient de l'argent et tuaient le peuple chrétien, jusqu'à ce que la conscience de l'ataman se réveille et qu'il devienne moine au monastère de Solovki- ainsi donc le relate l'honorable "moine Pitirim" à l'auteur-compositeur. 

(4) Le manteau ou cape monastique. 

(5) Staretz-un Ancien, et pas seulement en âge, mais en sagesse spirituelle et en expérience, humilité et amour. Un staretz reçoit des dons de Dieu pour ses luttes spirituelles: la sagesse, la clairvoyance, la guérison. 

(6)podvig- lutte ou exploit [spirituel ou ascétique] 

(7) Les Frères Karamazov. 


vendredi 24 octobre 2014

Pèlerinage à Saint Maurice d'Agaune (Valais/Suisse)



Avec la bénédiction des évêques
des diocèses de Chersonèse et de Genève
PELERINAGE DES PAROISSES
ORTHODOXES RUSSES
AUX RELIQUES
DE SAINT MAURICE
ET DES MARTYRS THEBAINS

Saint Maurice
*
Reliquaire du saint


Samedi 25 octobre 2014
*
Abbaye de Saint-Maurice d’Agaune 
en Valais (SUISSE)

Abbaye de Saint-Maurice
*
10h00 Heures et Liturgie à l’église abbatiale
de Saint-Maurice en Valais.

12h00 Office d’intercession devant les reliques.

13h00 Pique-nique au réfectoire du collège de l’abbaye.

Parallèlement au pique-nique : visite du site archéologique et
du trésor (durée : 1h30). 
Prix : pas encore connu.
Inscription obligatoire auprès de sa paroisse

*

Staretz Jean de Valaam: Prière au Cimetière (R)




Aujourd'hui je suis allé au cimetière. Il faisait beau et la route était sèche. J'ai fait le tour de toutes les tombes et lu les inscriptions qui y étaient gravées: qui était mort, quand, combien d'années chacun il avait passé au monastère et à quel âge chacun était mort.

Il y a maintenant 154 moines qui reposent au cimetière du Nouveau Valaam. Je les connaissais tous. Maintenant leurs corps reposent dans ces tombes car la loi de la mort est une loi inexorable. Nous savons où et quand nous sommes nés, mais où et quand nous mourrons, il ne nous appartient pas de le savoir. L'homme vient de la terre et il y doit retourner. Mais son esprit vient de Dieu et il retournera auprès de Dieu.

Où êtes-vous maintenant nobles Pères? Quelle sorte de vie menez-vous? Je crois fermement que vous n'êtes pas morts. Vous êtes seulement partis pour un autre monde invisible. Mais les morts restent sourds à mes parole! Où ils sont et quelle vie ils mènent est un grand mystère. Le saint apôtre Paul dit que "nous cheminons par la foi et non par la vue" (2 Corinthiens: 5-7).

Notre fraternité a décliné vers la vieillesse. La plupart d'entre nous marchent avec un bâton. Quelques tombes sont déjà creusées et il y des cercueils en réserve.

Bientôt, très bientôt, mon corps terrestre sera étendu dans un de ces cercueils, descendu dans le froid tombeau et recouvert de sable. Il feront un petit tas au sommet de la tombe et ils y mettront une croix. Peut-être y aura-t-il quelque bonne personne qui écrira mon nom sur une plaque et la fixera à la croix.

Nobles Pères qui demeurez, je vous en supplie, lorsque vous viendrez à ma tombe, priez pour mon âme pécheresse.

Schéma-Higoumène Jean
Mes pensées, 1956
in 
A Star in The Heavens 
by Archimandrite Panteilemon, 
Valamo Monastery 1991
*
Version française Claude Lopez-Ginisty

Sur le blog de Maxime: Pour quelles raisons mystérieuses, les atrocités ukrainiennes ne semblent-elles pas être remarquées par l’Occident ?




Témoignage de Ehynars Graudinsh (transcrit aussi Enorst Gronych), politologue et défenseur des droits de l'homme (Lettonie) à l’émission 'Politika'. Il parle des crimes commis par les forces ukrainiennes dans le Donbass, des charniers découverts dans la région, de la destruction systématique de l'infrastructure, de la catastrophe humanitaire totale... Parmi les participants à l’émission - le chef (ambassadeur) de la Délégation de l'UE en Russie, Vygaudas Ušackas,
L'émission complète (en russe): https://www.youtube.com/watch?v=7yYi3...
Les morgues de Donetsk par Graham Phillips: https://www.youtube.com/watch?v=enaDJ...


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jeudi 23 octobre 2014

Archevêque Cyrille de San Francisco et d'Amérique occidentale: Nous ne devons pas cacher notre sainte foi!


Archbishop Kyrill of San Francisco and Western America: We must not hide our holy faith


Aime un homme juste, et il t'aimera. 
St. Philarète de Moscou 

Cher Pères et concélébrants, frères, sœurs et enfants en Christ,  bons et fidèles serviteurs du diocèse d'Amérique Occidentale! 

En cette année 2014, notre Église orthodoxe russe célèbre deux anniversaires: les 700 ans depuis la naissance de saint Serge de Radonège, et les 50 ans après la glorification du saint et juste Jean de Cronstadt par l'Eglise orthodoxe russe hors frontières. 

Les vies de ces saints sont très semblables, en dépit du fait que l'un a vécu au 14ème siècle, et six cents autres années plus tard, l'une dans le silence de la forêt, l'autre dans l'agitation de la ville, l'un dans le vocation monastique, l'autre, en représentant du clergé de paroisse. Leur influence - non seulement sur ​​la spiritualité russe et sur ​​la vie de l'Eglise orthodoxe russe, mais sur l'histoire de leur patrie - est définitive. 

Ces deux saints venaient du peuple et leur jeunesse a été nourrie avec de la nourriture spirituelle. Leurs parents mettaient le Seigneur Dieu en premier dans leur vie, en observant strictement les règles et les traditions de l'Église. Une atmosphère de piété et de simplicité gouvernait leurs maisons. Grâce à cela, ces deux saints aimaient Dieu d'un amour simple et complet, et tout au long de leur vie, ils restèrent simples et accessibles. 

Les études ont été difficiles pour les jeunes Bartholomée(le futur Saint-Serge) et l'enfant Jean (le futur saint de Cronstadt), et tous deux ont reçu le don de la connaissance par un miracle: Bartholomée par une parcelle de prosphore, qui lui fut donnée par un certain staretz, et Jean, après que "le voile ait été ôté de ses yeux" au cours de sa fervente prière du soir, devint capable de se souvenir des leçons. 

Leur amour pour le Christ et son Eglise ne connaissait pas de limites. On n'entendit  jamais de critique de la Sainte Église dans leur bouche, bien qu'il y eut certainement des possibilités de le faire. Ils n'ont pas essayé de changer le monde, mais ont plutôt cherché à se changer. Dieu les glorifia tous deux tranquillement, à des époques différentes. Ils ne cherchaient pas à être des enseignants, mais les gens affluèrent vers eux pour être enseignés; ils ne cherchaient pas le pouvoir sur les gens, mais ils furent sollicités en tant que guides [spirituels]. Fuyant toute la gloire du monde, ils devinrent célèbres dans toute la Russie, et plus tard dans l'ensemble du monde chrétien. 

Saint Serge et saint Jean aimaient tous deux leur patrie, et aimaient le pieux peuple russe. Saint Serge vécut au Temps des Troubles, période de guerres civiles entre les princes et durant le joug tatare, et saint Jean à l'époque de la libre-pensée, du blasphème, de l'apathie, et du détournement des voies de l'Église. "L'higoumène de la terre russe" a changé le monde par ses prières, ses labeurs, son exemple et sa douceur. Par ses prières la victoire a été obtenue sur les Tatares, le peuple se rassembla et retrouva l'espoir et un sens à sa vie. Lui et ses disciples fondèrent des dizaines de monastères. À ce jour, la cathédrale de la Trinité de la Laure de la Trinité-Saint-Serge, où sont conservées ses reliques, est le cœur de la Russie. 

"Le pasteur de toutes les Russies" Jean reprocha farouchement les péchés de l'homme, comme les prophètes Elie et Jean-Baptiste, sans crainte de dire directement la vérité. Dans le même temps, c'était un pasteur plein d'abnégation et de compassion pour son troupeau. Selon les paroles de saint Jean (Maximovitch): "Vers la fin de sa vie [Saint Jean de Cronstadt] est devenu un prophète, prévoyant les futures épreuves [en Russie], si le repentir et la correction de la vie ne commençait pas." Une de ses plus grandes réalisations fut la renaissance de l'ancienne tradition de la communion fréquente aux Saints Mystères du Christ. 

Ces deux saints sont devenus des symboles de l'Orthodoxie pour nous, dans l'orthodoxie russe. Pour nous, enfants de l'Eglise Orthodoxe russe hors frontières, ces symboles sont proches de nos cœurs et nous sont chers et donc nous célébrons ces deux anniversaires en même temps que la plénitude de l'Église russe. Mais saint Serge et saint Jean ne sont pas seulement des symboles: ils sont vivants jusques à ce jour. Même aujourd'hui, ils interagissent avec toutes les personnes qui les honorent et font appel à eux. Même aujourd'hui, ils sont avec leur troupeau russe bien-aimé et avec tous les enfants de l'Eglise russe dans toutes les régions du monde. Saint Jean de Cronstadt répétait sans cesse qu'en Dieu, nous constituons un ensemble: les anges, les saints, et les chrétiens œuvrant à leur salut, avec les vivants et les morts. 

Le monde dans lequel nous vivons est à bien des égards similaire aux mondes des 14e et 20e siècles, dans lesquels saint Serge et saint Jean vivaient: de nouveau nous vivons au milieu de l'hostilité et des conflits sanglants. Notre monde est également déchiré par le péché humain et par divers vices, ainsi que par l'apathie envers les commandements de Dieu. 

Qu'est-ce que saint Serge, et son héritier spirituel, saint Jean de Cronstadt, ont à nous apprendre? Nous devons avoir un esprit d'humilité, le cœur plein de contrition pour nos péchés, et une véritable vie spirituelle; une prière véritable, et pas seulement des souhaits et des requêtes! Nous devons être porteurs de l'esprit joyeux de transformation en Dieu. Nous devons apprendre à faire confiance à l'Église du Christ et apprendre de l'Église elle-même: de ses enseignements et  traditions, de ses offices divins, et de la Parole de Dieu. 

Nous ne devons pas cacher notre sainte foi! Chacun de nous doit protéger son âme au milieu de la tempête du mal et des passions qui se dressent contre la Vérité. 

Je vous félicite, chers amis, à l'occasion de ces deux  . Notre diocèse américain de l'Ouest, qui a eu 80 ans cette année, va se réunir pour célébrer ces journées de saint Serge et de saint Jean à l'église Saint Séraphim de Sarov à Monterey, en Californie. J'appelle tous ceux qui sont en mesure de faire l'effort de venir à Monterey pour la Divine Liturgie, le 4 Octobre, à prendre part à la procession et au repas qui suivent, et au chant général de l'acathiste à saint Serge. Deux reliques viendront à Monterey pour cette célébration: un fragment des reliques de saint Serge de Radonège - une bénédiction pour notre diocèse de Sa Sainteté Cyrille, Patriarche de Moscou et de toute la Russie - et la ceinture de saint Jean de Cronstadt, qui est conservée dans l'église de la cathédrale de San Francisco. 

Que le Seigneur, par l'intercession de notre Très Pure Dame la Génitrice de Dieu et toujours Vierge Marie, et par les prières de saint Serge de Radonège et de saint Jean de Cronstadt, nous bénisse, nous donne le zèle, la force et l'amour, et nous affermisse, nous unisse, et fasse croître notre diocèse pour Sa gloire, et pour le profit de Sa Sainte Église. 

† CYRILLE 
Archevêque de San Francisco et d'Amérique occidentale 
10/23 septembre 2014 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Chrétien Solidarité: MANIFESTATION CONTRE LA PENDAISON D’ASIA BIBI! ET PÉTITION!


Manifestation contre la pendaison d’Asia Bibi! Et pétition!

L’héroïque mère de famille catholique Asia Bibi ignominieusement emprisonnée depuis des années dans une geôle du Pakistan vient d’être condamnée à la pendaison sous le prétexte ubuesque d’une parole manquant de respect à l’égard du prophète de l’Islam.
Ceci prouve, s’il en était besoin, qu’entre l’Islam de l’État islamique au Levant et celui des États islamiques internationalement reconnus, il n’y a que quelques différences de degré et pas de nature.
Devant cette nouvelle atrocité islamique, Chrétienté-Solidarité appelle les chrétiens de notre pays et tous nos compatriotes épris de liberté et de respect de la dignité humaine à venir massivement manifester devant l’ambassade du Pakistan 18 rue Lord-Byron, dans le 8ᵉ arrondissement de Paris, le jeudi 23 octobre à partir de 19H.

Signez la pétition.


Nous Te magnifions (en Roumain)


mercredi 22 octobre 2014

Archimandrite mégaloschème Andronique (Loukash): Du mensonge



C'est pourquoi, renoncez au mensonge, que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain; 
car nous sommes membres les uns des autres.
Ephésiens 4:25 

Un mensonge est une distorsion intentionnelle de la vérité. Comme les saints pères l'expliquent, un mensonge peut être en pensée, en parole, ou dans notre vie. La source des mensonges est le Diable: 

Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge. (Jean 8:44.) 

Les mensonges sont interdits par le neuvième commandement, et le principal moyen de lutter contre cela est la vérité. Dans les pages de la Sainte Écriture nous rencontrons assez souvent ces termes composés, l'une de leurs racines étant le mot "faux": faux témoignage (cf. Matthieu 26:59-60), faux prophètes (cf. Matthieu 7:15), faux enseignants (cf. 2 Pierre 2: 1-2). ( cf. 2 Cor 1,13), faux frères (cf. 2 Corinthiens 11:26), faux apôtres, et faux Christs (cf. Matthieu 24:24). 

Profondes et précises sont les paroles de saint Nicolas [Vélimirovitch]: "Nous sommes séparés de Dieu par le mensonge, et seulement par le mensonge. Car dire que la vérité nous sépare de Dieu serait dire que Dieu nous sépare de Dieu. Les pensées de mensonge, les paroles de mensonge, les sentiments mensongers, les désirs mensongers sont les mensonges rassemblés qui nous conduisent à la non-existence, aux illusions, et à l'apostasie de Dieu."

Nous allons citer quelques notes de saint Andronique sur le péché du mensonge: 

"Garde-toi des mensonges, ils bannissent la crainte de Dieu d'une personne." 

"Les mensonges sont le vieil homme, mais la vérité est l'homme nouveau. La vérité est la racine de bonnes œuvres, tandis que les mensonges sont la mort (du Patéricon)."

"Si nous ne nous comportons pas bien à l'extérieur, alors nous ne serons pas en mesure de préserver l'homme intérieur. Que les mensonges ne sortent pas de tes lèvres." 

«Préserve-toi des mensonges: ils bannissent la crainte de Dieu d'une personne; confesse toutes tes pensées et tes actions à ton père [spirituel], et l'aide de Dieu va se manifester en toi. Force-toi à faire ton labeur, et la crainte de Dieu demeurera en toi."

*** 
Extraits du livre, les exemples d'humilité illimité: la vie et les enseignements de l'archimandrite mégaloschème Andronique (Loukash), ascète de l'Ermitage de Glinsk. 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Psaume 50 (en roumain) et diaporama sur les ermites du Mont Athos


Sur le blog Saint Materne: Fidélité au Christ ou à un homme qui prétend Le remplacer: saint Marc d'Ephèse contre le pape Eugène de Rome


Saint Marc d'Ephèse


*

Saint Marc d'Ephèse au pape de Rome Eugène, lors de l'interrogation après le Concile de Florence :

"Les conciles ont condamné ceux qui n'obéissaient pas à l'Église et s'en tenaient à des opinions contraires à sa doctrine. Je n'ai pas exprimé mes propres opinions, je n'ai rien introduit de neuf dans l'Église, je n'ai pas non plus défendu la moindre erreur. Mais je reste fermement fidèle à la doctrine que l'Église, l'ayant reçu du Christ Sauveur, a toujours gardé et garde."


Le pape de Rome Eugène, à propos de saint Marc d'Ephèse, après Florence :

"ce maudit Ephésien, crachant sa pensée empoisonnée partout. Si seulement l'empereur avait consenti à ce qu'il soit châtié comme il le mérite, de la même manière que Constantin avait permis le châtiment d'Arius - ce poison de l'Église - on n'aurait pas à la fois gaspillé du temps et de l'argent."


Acte de repentance des évêques Grecs qui s'étaient soumis aux catholiques-romains et avaient souscrit au Concile de Florence :

"Nous avons trahi notre foi. Nous avons échangé la piété contre l'impiété. Nous avons renoncé au sacrifice pur et sommes devenus mangeurs d'azymes. Que nos mains soient tranchées, pour avoir signé si injuste décret. Que nos langues soient arrachées, pour avoir consenti à la croyance des Latins"


Citations:

Blog saint Materne