"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 21 août 2014

Saint Nicolas du Japon sur le bouddhisme (3)



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Saint Nicolas a expliqué la formation des sectes très diverses du bouddhisme japonais par le fait que le bouddhisme n'est pas tout à fait adapté à l'esprit japonais, et donc les japonais se sont efforcés de créer des versions qui permettraient de mieux les adapter. 

Décrivant l'interdépendance des différentes écoles du bouddhisme japonais, saint Nicolas écrit que "chacune de ces sectes repose sur un fondement qui est inébranlable pour les bouddhistes: chacune a ses propres livres symboliques dans le canon de la littérature bouddhiste sacrée. Cette littérature est si vaste et multiforme qu'elle contient des livres directement en contradiction avec les autres livres. Ceci, plus que n'importe quoi d'autre révèle que l'origine de la littérature bouddhique vient de différents auteurs, souvent adversaires les uns des autres; toutefois, chaque auteur s'est efforcé de donner du poids à son propre travail, et il a donc pris soin de l'attribuer à Bouddha... Ainsi, sur la base d'un seul et même enseignement de Bouddha, les sectes les plus contradictoires apparaissent​​, et personne n'ose critiquer une secte pour cela, parce que chacune peut pointer vers son propre argument irréfutable dans le livre sacré. "[20]

Outre l'appel aux textes, les fondateurs et les adeptes des différentes écoles, comme le saint hiérarque le déclare, citent activement les différentes visions et miracles, pour lesquels il note: "Il est impossible de faire le compte de tous les miracles, rêves, chansons et dieux artificiels. Toutes les sectes rivalisent les unes avec les autres pour montrer leurs miracles, chacun plus étrange que l'autre, chacun plus fantastique que l'autre. Leur impudence atteint de tels extrêmes qu’ils mentionnent des miracles, où n'importe qui peut voir de ses propres yeux qu'il n'y a pas de miracle… 

Les bonzes sont devenus tellement habitués à des fantasmes et des déceptions qu'ils les diffusent autour d’eux même quand cela n'est pas nécessaire. J'ai lu une "vie" du Bouddha dans laquelle l'auteur affirme pieusement que la dot de la mère de Bouddha contenait, sept charrettes pleines de "rares objets néerlandais", et quand elle a conçu le Bouddha, une autre épouse du roi désirèra par jalousie tuer l'enfant en elle, et donc elle se tourna vers l'un des chrétiens, qui, comme chacun le sait, sont tous des sorciers, pour l'aider à lancer un sort contre sa rivale. [21]

Ici se termine la brève revue du bouddhisme japonais dans l'article, "le Japon du point de vue de la mission chrétienne." Dans un autre article, "le Japon et la Russie," Saint Nicolas écrit que "le bouddhisme est la plus profonde de toutes les religions païennes," et les Japonais "doivent remercier le bouddhisme, pour son enseignement de l'égalité et de la fraternité pour tous les peuples, pour son rejet de l'esclavage et de l'absence de celui-ci dans leur pays». [22]

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


NOTES

[20] Ibid. 53.
[21] Ibid., 55.
[22] St. Nicholas of Japan, “Japan and Russia”, Selected scholarly works of St. Nicholas, Archbishop of Japanm 154-171.

mercredi 20 août 2014

Saint Nicolas du Japon sur le bouddhisme (2)





Le saint a également écrit que "le bouddhisme a créé pour ses disciples des règles de morale, qui étonnent parfois par leur pureté et leur austérité, et parfois par leur monstruosité; il a également créé des légendes et des prodiges aussi incroyables et monstrueux."[10]

Le hiérarque décrit les écoles les plus importants du bouddhisme japonais. La première d'entre elles, il détermine que c’est l'école du Zen, qui, "comme secte qui est venue de Chine, aime à se vanter de son exactitude et de sa pureté." Il définit les enseignements zen comme "la prédication de l'auto-mortification dans le but d’atteindre la capacité de contemplation", et il souligne qu’ici "une personne l’entreprend -seulement à travers l'exemple de Bouddha et non par sa co-opération pour atteindre la plus haute béatitude," et elle doit s’exercer dans la méditation et observer "les prescriptions les plus austères en matière d'alimentation et de comportement extérieur." [11]

Saint Nicolas observa véridiquement l’inclinaison caractéristique du Zen vers des pratiques de yoga; cependant, il ne reflèta pas une telle particularité caractéristique de l'enseignement sur ​​la transmission d'un état "d’éveil" directement à partir du maître à l'élève, "n’utilisant ni l'instruction orale ni celle écrite." [12]

Dans sa critique du Zen, saint Nicolas note que la méthode qu'il suppose ne peut être pleinement réalisée et n'est pas applicable pour les gens ordinaires. Il était connu de lui que c'était seulement dans quelques monastères bouddhistes au cours de quelques jours sur l'année que la pratique de zazen était réalisée dans toute sa mesure, et que les moines s'endormaient souvent simplement  pendant le processus de méditation.

La deuxième école du bouddhisme japonais que saint Nicolas note est le montosu. Il le définit comme complètement à l'opposé du Zen. Il "se débarrasse de toute ascèse bouddhiste et considère seulement l'idée de l'amour de Bouddha pour le monde. Il n'y a aucune trace d'auto-mortification ici: le bonze se marie et mange de la viande... tous les travaux ascétiques humains sont considérés comme négligeables... Une personne peut être un terrible méchant, mais si elle dit une seule fois, je m'incline devant Bouddha Amida, elle est sauvée. L'enseignement du Bouddha d'amour, de sa promptitude à sauver une personne au premier appel, de l'insuffisance des propres pouvoirs d'une personne pour être sauvée, en étonne involontairement plus d’un. 

Lorsque vous entendez un tel prêche dans un temple, vous pouvez oublier où vous êtes et penser que vous entendez un sermon chrétien. Vous croyez peut-être cet enseignement est emprunté du christianisme? Mais avec ce noble enseignement sur ​​l'amour de Bouddha pour le monde, Bouddha lui-même ne change pas le moins du monde: il reste la même personnalité mythiquement scandaleuse et improbable." Critiquant cette école, saint Nicolas écrit qu'elle a apporté au Japon beaucoup plus de mal  que les autres sectes. "[13] " Il n'est jamais venu à l’idée de quiconque combien cette expression venant de la bouche d'un bonze pouvait être terrible: "Peu importe combien vous péchez, dites simplement, "namu Amida Butzu" et tout est pardonné." Au XVIe siècle, le bonze de montosiu motiva ainsi des armées entières... et produisit des batailles terribles, de terribles pillages et démolitions." [14] 

La troisième école du bouddhisme japonais est le hokkesiu [15], que saint Nicolas définit comme "tribut de louange et d'admiration pour un homme de prière," par lequel on entend le "Sutra du Lotus". Il écrit que son idée principale est que "toutes les personnes deviendront des bouddhas; et cet enseignement est si important que l'on a besoin simplement d’invoquer le nom de l'homme de prière qui l’enseigne, et on est sauvé."

Les motifs nommés vraiment caractéristiques du "Sutra de Lotus", par exemple ceux qui furent écrits au dix-huitième chapitre, sont que, si quelqu'un se dirige vers le monastère avec le désir de l'entendre", et l’écoute au moins momentanément, alors après, il renaîtra parmi les dieux. "[16] Quant à son concept de "salut total", à la fin du sixième chapitre du Sutra, il est dit que " tout le monde va devenir un bouddha". Cependant, à en juger par le contexte, ils parlent de ceux qui suivent l'enseignement prévu dans le "Sutra du Lotus", que Bouddha utilise pour attirer vers son enseignement (et, en conséquence, au salut) ceux qui n’y étaient pas autrement intéressés.

Dans sa critique de hokkesiu, le saint écrit que, "le livre de prières est rempli de récits de miracles absurdes comme suit: Tandis le Bouddha donnait cet enseignement, deux autres bouddhas vinrent en volant depuis le ciel... ils se sont assis les uns à côté des autres, et le Bouddha vivant a prêché. Quand il eut fini, les disciples étaient naturellement étonnés... Pour confirmer la vérité, trois Bouddhas étendirent leur langue, qui s'avérèrent être si longues qu'elles percèrent dix mille sphères du monde; ils se sont assis devant les disciples dans cette position pendant dix mille ans; puis ils fait revenir leurs langues dans leur bouche et ils ont grogné aussitôt ensemble, ce qui fit trembler tous les mondes... Comment les auditeurs pouvaient-ils avoir un doute après avoir entendu cela, ou ne pas adorer le livre avec un enseignement attesté par de tels miracles? "[17]

Cet épisode est dans le vingt et unième chapitre du "Sutra du Lotus" [18] et il est raconté par saint Nicolas, presque mot pour mot. Après lui, Kojevnikov citait cette histoire comme exemple d'un autre miracle étrange dans les textes bouddhistes. A un autre endroit, Saint Nicolas écrit que, "dans le bouddhisme, nous sommes parfois surpris par l'épaisseur des livres de prières remplis de rien d'autre que d’éloges pour les titres de ces livres mêmes de prière". [19] C’est vrai la plupart des vers du "Sutra du Lotus" contiennent une louange dirigée vers le livre lui-même. 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

NOTES

[15] Nitiren-siu, L'une des écoles les plus répandues au Japon actuellement.
[16] Le Sutra du Lotus du merveilleux Dharma, d'après la traduction en russe du texte japonais d'A.N. Ignatovitch.
[17] Saint Hiérarque Nicolas (Kasatkine), “Le Japon du point point de vue de la Mission Chrétienne”, œuvres choisies de saint Nicolas, Archevêque du Japon (Moscou, 2006), p.53. (en russe)


[18] Voir Saddharma-Pundarîka ou, The Lotus of The True Law ( Le Lotus de la loi véritable), Traduit ( en anglais)  by H. Kern, Sacred Books of the East. Vol. XXI. (Cambridge, 1884), 364-365.
[19] Saint Hiérarque Nicolas (Kasatkine), “Le Japon du point point de vue de la Mission Chrétienne”, œuvres choisies de saint Nicolas, Archevêque du Japon (Moscou, 2006), p.45. (en russe)


mardi 19 août 2014

Saint Nicolas du Japon sur le bouddhisme (1)







L’Archevêque Nicholas (Kasatkine) Egal-aux-Apôtres (1836-1912), missionnaire exceptionnel au Japon où il œuvra pendant plus de cinquante ans, fut le fondateur de l'Eglise orthodoxe japonaise. 

Des dizaines de milliers de Japonais furent convertis à l'Orthodoxie grâce à ses travaux, une partie importante d'entre eux étaient d'anciens bouddhistes, et parmi ses assistants étaient d'anciens moines bouddhistes (bhikkhu), Paul Savabe par exemple. Le saint étudia le bouddhisme au cours des huit premières années de son temps au Japon, quand, selon ses propres paroles, il "s'efforça avec diligence d’étudier l'histoire, la religion du Japon, et l'esprit du peuple japonais."[1]

Saint Nicolas a donné une étude intégrale du bouddhisme dans son œuvre, "Le Japon du point de vue de la mission chrétienne", publié en 1869. Ce fut la première description du bouddhisme japonais accessible au lecteur de langue russe. Il est clair que dans ce travail l'auteur a étudié le bouddhisme très sérieusement, mais pour des raisons compréhensibles, il a limité ses sources à celles de la langue japonaise.

Si l’évêque Nil, qui se familiarisa avec le bouddhisme en utilisant des sources en langue bouriate, y voyait rien de plus que simplement une des nombreuses formes de paganisme, saint Nicolas donne de cet enseignement une évaluation beaucoup plus élevée. Il détermine le bouddhisme comme "la meilleure des religions païennes -un pilier herculéen de l'effort humain qui a compilé pour lui-même une religion, inspirée par les obscurs restes de vérités révélées par Dieu, qui avait été conservés par les races après la dispersion babylonienne. [2]

Bien qu'il l’étudia en profondeur, saint Nicolas n'a pas eu d'intérêt pour le bouddhisme en soi et il le considéra exclusivement du point de vue missionnaire pratique. Ce point de vue lui permit de remarquer ce que d'autres chercheurs et polémistes ne considérèrent pas dans le bouddhisme. Cela comprenait les méthodes missionnaires du bouddhisme. 

Le saint note la "flexibilité du bouddhisme et sa capacité à s'adapter aux coutumes du pays dans lequel il apparaît." [3] A titre d'illustration l'auteur souligne comment, selon la croyance bouddhiste, Bouddha et les Bodhisattvas firent un serment de "naître dans divers pays ignorants pour les amener au salut". [4] Cela permit aux bouddhistes de déclarer qu’Amaterasu et d'autres dieux japonais étaient des incarnations de Bouddha et des bodhisattvas, prises par eux afin de "les préparer à recevoir les véritables enseignements du bouddhisme... Ainsi, le bouddhisme appela les dieux japonais par leurs noms, les accepta sous ces noms et dans leurs temples, et il prit racine et fleurit au Japon." [5]

Décrivant les enseignements du bouddhisme, saint Nicolas conclut qu’il y avait une cause naturelle pour chacun de ses éléments -caractéristiques historiques, culturelles, et des circonstances psychologiques. Expliquant par exemple le succès de la propagation du bouddhisme dans ses premiers stades, le saint écrit: "Ayant surgi du sol indien comme un antidote au système brahmanique des castes et à l'oppression des classes inférieures par les supérieures, le bouddhisme était à cet égard un prédication de l'égalité spirituelle et de l'amour dans le monde païen; d'autre part, parce que c'est la prédication d'un homme qui était l'héritier du trône, mais qui a préféré devenir un mendiant, c'est une prédication contre la vanité de ce monde, une prédication de la non-avidité et de la pauvreté. [6]

Attirant l'attention sur l'absence dans le bouddhisme d'un enseignement d'un Dieu Créateur, le saint explique cela par le fait que dans le milieu indien de l'époque il n'y avait pas de précédent pour l'obtention de la connaissance de cette vérité; et, "ayant surgi sur le sol du brahmanisme panthéiste, le bouddhisme s'est avéré impuissant à y renoncer." 

En parlant de la raison pour laquelle le Bouddha lui-même ne peut pas être assimilé à Dieu, il écrit, "C'est vrai, Bouddha apparaît avec des traits qui sont caractéristiques de Dieu, mais avec d'autres comme lui il y a une multitude infinie de bouddhas, et chacun a atteint cet état béni par ses propres mérites; chaque personne, à son tour, est confrontée à un grand nombre de degrés de l'incarnation dans un bouddha. Cette échelle menant de l'homme sur les hauteurs conduit à un état de Bouddha; mais pourquoi pas aussi l'étendre vers le bas? Ainsi... l'ensemble du monde animal est également synonyme de Bouddha; en outre, l'échelle va encore plus loin vers le bas: il y a différents degrés de l'enfer inventés, qui sont habités par des êtres vivants, et ils sont également en contact avec Bouddha... Ainsi, l'image des mondes célestes, terrestres, et inférieurs est un immense laboratoire dans lequel d’innombrables races de l’existence grouillent, naissent, re-naissent, et en dernière analyse deviennent des bouddhas. [7] 

Saint Nicolas explique l'enseignement de la transmigration des âmes comme "une mauvaise compréhension de la nature et de sa relation à l'homme, et une compassion inconsciente pour les êtres inférieurs." [8] La pratique de la méditation visant à modifier la conscience, le saint l’explique par le désir de l'homme d’Orient pour la paix et l'inactivité: " les pensées peuvent aussi causer la détresse ou la difficulté d'une personne-il est donc préférable qu’elles cessent et soient figées dans leur écoulement; si, en un mot, une personne se plonge dans l'insensibilité, l'inconscience, alors elle se plonge dans le néant, mais en fait, une existence humaine intégrale s'est immergée. Un tel état ​​de paix inconscient est appelé la contemplation; il lui est attribuée de hautes qualités pour tout diriger et le pouvoir de tout contrôler, dans la mesure où dans cet état une personne, ayant renoncé à elle-même, se fond avec tout dans l'unité et peut devenir le possesseur de ce avec quoi elle s’est fondue. Cet état est présenté comme l'objectif de tout le monde et de tout; donc les bouddhas sont bouddhas parce qu'ils ont atteint la possibilité en tout temps de s'immerger dans cet état, et c’est qui est considéré comme leur béatitude la plus exaltée." [9] 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
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NOTES



[1] Cité par A. Chekh, Nicolas-Do (St. Petersbourg, 2001), p. 23. (en russe)
[2] Saint Hiérarque Nicolas (Kasatkine), “Le Japon du point point de vue de la Mission Chrétienne”, œuvres choisies de saint Nicolas, Archevêque du Japon (Moscou, 2006), p.44. (en russe)
[3] Ibid.
[4] Ibid., 45.
[5] Ibid.
[6] Ibid., 47.
[7] Ibid., 47-48.
[8] Ibid., 48.
[9] Ibid.

Père André Rossanov Portraits de moines russes

André Rassanov/ Андрей Рассанов
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lundi 18 août 2014

Sur Parlons d'Orthodoxie


Le quotidien "Rossiïskaïa gazeta" a récemment publié une sélection de textes, de lettres et d'interviews d'Alexandre Soljenitsyne sur les relations russo-ukrainiennes. Nous sommes persuadés que le lecteur trouvera de l’intérêt à lire ces écrits du classique qui semblent aujourd'hui prophétiques. La" Voix de la Russie" entame la publication de textes peu connus d'Alexandre Soljenitsyne. Extrait d'une lettre à la Conférence sur les relations russo-ukrainiennes de Toronto à l'Institut des études ukrainiennes de l'Université Harvard, avril 1981. Publié dans le journal Rousskaïa mysl le 18.06.1981.En Russie, le texte a été pour la première fois publié par la revue Zvezda, 1993, 12 

Messieurs ! 

Je vous remercie cordialement de votre invitation à la conférence. Malheureusement, l'intensité de mon travail m’interdit depuis de nombreuses années de sortir et de participer aux initiatives publiques. 
Cependant votre invitation me fournit le prétexte et le droit d'exposer certaines de mes réflexions par écrit. 

Je suis tout à fait d'accord pour classer le problème russo-ukrainien parmi les questions contemporaines primordiales et, en tout état de cause, elle revêt une importance capitale pour nos peuples. Mais je trouve néfastes les passions chauffées à blanc qui bouillonnent à son propos.

La prophétie de Soljenitsyne sur la question russo-ukrainienne!
… Cet excès de passion ne renferme-t-il pas le mal de l'émigré, une perte des repères ? Si votre conférence ouvre un dialogue de fond sur les relations russo-ukrainiennes, il ne faut pas perdre de vue, même pour un instant, qu’il s'agit de relations entre des peuples et non pas entre des émigrés. 

… Je me suis exprimé à maintes reprises et je peux répéter que personne ne peut retenir autrui par la force, nulle partie concernée par une dispute ne doit recourir à la violence contre une autre partie, contre la sienne, contre le peuple dans son ensemble, ou contre toute petite minorité qui en fait partie, car toute minorité renferme sa propre minorité... Dans tous les cas l'opinion locale doit être comprise et réalisée. C'est pourquoi toutes les questions doivent être résolues uniquement par la population locale et non pas dans les débats lointains entre émigrés pendant lesquels les sensations sont déformées. 

Cette intolérance furieuse dans la discussion sur la question russo-ukrainienne (nuisible pour les deux nations et utile seulement pour leurs ennemis) me fait particulièrement mal parce que je suis moi-même d'origine russo-ukrainienne, que j’ai grandi dans une ambiance imprégnée par ces deux cultures et que je n'ai jamais constaté et que je ne discerne toujours aucun antagonisme entre elles. J'ai eu maintes occasions d'écrire et de parler en public de l'Ukraine et de son peuple, de la tragédie de la famine ukrainienne, j'ai beaucoup de vieux amis en Ukraine, j'ai toujours été au courant des souffrances russes et des souffrances ukrainiennes subies sous le communisme. Dans mon cœur il n'y a pas de place pour le conflit russo-ukrainien et si, que Dieu nous garde, les choses en arrivent aux dernières extrémités, je peux dire que jamais, en aucune circonstance je n'irai moi-même ni ne laisserai mes fils participer à un affrontement russo-ukrainien, quelque zélées que fussent les têtes folles qui nous y pousseraient. T/N 

La foi dans la vie de tous les jours: un [petit] guide pratique


Faith in Everyday Life: A Practical Guide

Beaucoup de gens éprouvent un décalage entre leur foi et leur vie "laïque". Pourtant, les gens fidèles reconnaissent que, simplement parce que nous sommes à l'extérieur du temple de l'église, notre vie chrétienne ne s'arrête pas, et nous ne devons pas mener une double vie. Voici comment nous pouvons honorer le temps passé dans les activités quotidiennes, pour y intégrer plus complètement notre vie dans notre foi chrétienne orthodoxe.

RESTAURANTS: Peut-être avez-vous été élevés sans prières avant les repas, ou avec l'idée que vous ne demandiez à Dieu de bénir votre nourriture que lorsque vous étiez à la maison. Cela n'a pas de sens tout simplement. 
À chaque repas, en particulier dans un restaurant (puisque vous ne savez jamais ce qu'ils mettent dans la nourriture!), dites la prière du Seigneur, et "Par les prières de nos saints Pères..." à la fin, en demandant la bénédiction du Seigneur sur un hamburger, un steak, ou des crevettes frites.

AU MAGASIN D'ALCOOL: Achetez une bouteille de Manischewicz, un vin juif fruité de Californie utilisé dans de nombreuses paroisses orthodoxes en tant que vin pour la Communion. Si vous êtes du genre qui devient timide en faisant le signe de la Croix en public, il n'y a pas de meilleur endroit pour commencer à tourner votre coeur et votre esprit vers le Christ que de le servir dans le plus improbable des lieux: dans un magasin qui vend de l'alcool.

PENDANT LES LONGS TRAJETS: Planifiez votre voyage à l'avance pour emporter des enregistrements d'entretiens spirituels ou de la musique, ou remplissez votre iPod afin de pouvoir profiter au maximum des heures que vous passez en voyage. Vous finirez par arriver au point où cela vous manquera de les entendre, lorsque vous voyagerez sans ces enregistrements.

DANS LES AEROPORTS: Emportez de la lecture spirituelle "légère" (pas un gros livre, qui est difficile à transporter, et que vous pourriez ne jamais ouvrir). N'emportez pas des brochures religieuses: celles-ci détournent les gens de Dieu plus que tout autre chose, et vous serez responsables de la façon dont les autres réagissent.

VOUS QUITTEZ VOTRE ALLEE OU UN PARKING: Inquiet pour la sécurité routière? Mettez l'icône d'un saint "de Voyage" (comme saints Nicolas, saint Jean [Maximovitch], saint Innocent, ou saint Brendan) dans votre véhicule, et vénérez-le à chaque fois que vous entrez dans la voiture. Faites le signe de la Croix lorsque vous démarrez votre véhicule. Il est vraiment préférable d'avoir Dieu dans le siège du conducteur.

A L'EPICERIE: Peu d'expériences peuvent être plus frénétiques et distraire de la foi que d'aller à l'épicerie. Gardez votre esprit et votre cœur sur vos priorités éternelles par l'achat d'une bouteille d'huile d'olive vierge lorsque vous faites des courses, et donnez-la comme cadeau à l'église, pour être brûlée dans les lampades devant les saintes icônes. (Ce sera beaucoup plus bénéfique pour votre âme que de l'ajouter à la sauce à spaghetti).

SUR LA ROUTE: Les routes d'Amérique du Nord sont parsemées de minuscules monuments aux victimes d'accidents de voiture (généralement une Croix) qui sont peut-être les expressions publiques les plus manifestes de l'espoir en la résurrection. Priez pour les victimes d'accidents défunts en faisant le signe de la Croix chaque fois que vous voyez un tel monument, en disant la simple prière: "Seigneur, aie pitié d'eux."

AU CENTRE-VILLE: Il est toujours convenable pour un chrétien de donner de l'argent à ceux qui mendient dans les rues. Ne vous inquiétez pas trop de la façon dont le destinataire utilisera l'argent (surtout puisque vous n'êtes pas sensés utiliser tous les billets de 5 et de 10 dollars à des fins saintes - mais le plus souvent pour de la malbouffe, des billets de théâtre, et des dîners à l'extérieur). Mieux que de simplement donner de l'argent, demandez le nom de la personne qui vous parle, et souhaitez-lui d'avoir la bénédiction de Dieu. Alors, la prochaine fois que vous êtes à l'église, écrivez son nom parmi les non-orthodoxes qui ont besoin de prières, ou faites cette demande directement (ou par courriel) à votre prêtre. C'est une manière chrétienne très concrète d'offrir une aide spirituelle (et pas seulement matérielle) à ceux qui vivent dans la rue.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 17 août 2014

Des groupes d'extrême-droite menacent un prêtre de la région de Kiev de représailles





Moscou le 15 août 2014


Des membres de groupes d'extrême-droite ont perturbé un service religieux mené par le prêtre Vladimir Navozenko à l'église de la Sainte Intercession dans le village de Chervonaya Motovilovka à l'extérieur de Kiev. 

Une vidéo postée sur YouTube montre plusieurs dizaines de personnes entrant dans l'église, brandissant des drapeaux ukrainiens et des symboles du parti d'extrême droite Svoboda (Liberté) et du Parti Radical dirigé par le député ukrainien Oleg Lyashko. 

Ils ont insulté Père Vladimir, l'ont accusé de "soutenir les terroristes" et la Russie et ont menacé de le punir pour cela. Les nationalistes lui ont donné une semaine pour quitter le village. 

Une des femmes qui étaient venues avec les nationalistes a jeté de la peinture rouge sur le prêtre, en criant "le sang de mes frères est sur ​​vos mains."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'higoumène Ephrem les chrétiens orthodoxes à s'unir pour lutter contre l'avortement


Les chrétiens orthodoxes doivent lutter plus activement pour une interdiction de l'avortement, estime l'archimandrite Ephrem, higoumène du monastère de Vatopedi sur la Sainte Montagne de l'Athos, rapporte Interfax-Religion

"Il est inacceptable que des crimes aussi terribles que les avortements soient accomplis dans les pays orthodoxes, en outre, en si grandes quantités! Ce phénomène doit nous faire réfléchir sérieusement à ce sujet; Je dirais, que nous devons être choqués et affligés, nous devons donner l'alarme", dit la déclaration de l'higoumène aux participants "pro-vie" du festival international Pour la Vie qui [s'est tenu] à Moscou du 11 au 13 Août 2014. 

De l'avis de l'archimandrite Ephrem, cité par les organisateurs du festival, l'Eglise orthodoxe pourrait œuvrer plus efficacement sur cette question. 

"Nous aurions dû coopérer avec l'Etat, mais c'est l'état lui-même qui a légalisé l'avortement, il est du bord opposé. Tous les membres du clergé et le peuple doivent être engagés dans cette activité; une forte campagne contre les avortements est nécessaire qui sera faite en fonction de la véritable connaissance de l'être humain et de l'amour qui lui est dû," a-t-il souligné.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Pravoslavie.ru

La Glorification de saint Jean [Maximovitch]



vendredi 15 août 2014

Métropolite Hilarion [Alfeyev|: La vie est impossible sans la prière


On Prayer XXXII: Life is Impossible Without Prayer



Pour résumer notre conversation à propos de la prière, la prière est avant tout une conversation avec Dieu, une rencontre avec Lui; c'est un dialogue qui implique non seulement nos propres paroles adressées à Dieu, mais aussi la réponse de Dieu. Par conséquent, il est important que non seulement nous soyons en mesure de parler, mais aussi de nous taire, de sorte que nous puissions écouter ces profondeurs divines qui nous sont révélées par la prière.
Dans la prière, il faut être tout à fait honnête. Là, il ne peut y avoir quoi que ce soit d’ambiguë ou d’artificiel. Nous devons nous tenir devant Dieu tels que nous sommes et Lui dire ce qui doit être dit, ce que nous pensons et ressentons. Par conséquent, pour la communion avec Dieu, il n'y a pas besoin de réfléchir à une langue particulière, à la recherche de mots spéciaux, ou de choisir des sujets spéciaux. Nous devons prier Dieu pour ce que notre cœur demande et auquel il aspire.
Il faut prier continuellement. Il ne suffit pas de prier de temps en temps, seulement lorsque nous avons besoin de quelque chose de Dieu; nous devrions toujours prier: le matin, le soir et au cours de la journée et toute notre vie. Et au centre de notre prière, il ne doit pas y avoir quelque chose de spécifique que nous demandons à Dieu, mais Dieu lui-même, parce que le contenu principal de la prière est toujours notre rencontre avec Dieu, la possibilité de Le découvrir par nous-mêmes.
Nous devons prier non seulement pour nous, mais aussi pour les autres; non seulement pour nos parents et amis, mais aussi pour nos ennemis. Nous devons prier Dieu non pas comme des individus isolés, mais comme des personnes qui représentent une partie de l'humanité, nous adressant à Dieu non seulement pour notre propre compte, mais aussi au nom de l'unique famille humaine, car Dieu est le Père céleste de chacun de nous.
Nous prions non seulement Dieu, mais aussi à la Mère de Dieu et les saints parce qu'ils sont nos protecteurs célestes, nos intercesseurs célestes. Nous prions notre ange gardien pour qu'il nous garde dans toutes nos voies.
Nous ne prions pas seulement pour les vivants, mais aussi pour les défunts, pour que le Seigneur leur accorde la paix et le repos.
Une fois encore, je tiens à souligner que la prière doit être le fondement de notre vie, celui sur lequel toute notre vie doit être configurée. La vie chrétienne doit correspondre à la prière. Si l'on ne parvient pas à la prière, cela signifie que l'on vit faussement, et que notre condition spirituelle ne correspond pas à la prière.
Apprenons à prier; œuvrons afin que la prière atteingne notre cœur et, à travers notre cœur, monte vers les hauteurs célestes pour atteindre Dieu. Travaillons sur nous-mêmes, pour que la prière devienne le noyau et le fondement de notre vie. Demandons à Dieu, à la Mère de Dieu, et aux saints, qu'ils nous enseignent à prier, parce que la vie sans la prière est impossible, tout comme il est impossible de vivre et d'être sauvés sans Dieu et Son Eglise.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après