"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 26 août 2016


Saint Nectaire d'Optino


L'AIDE DES SAINTS

Lorsque vous direz, "Tous les Saints, priez Dieu pour moi!" - Alors tous les saints du ciel crieront, "Seigneur, aie pitié!» - Et vous aurez ce que vous désirez.

OBÉISSANCE

Prenez ce conseil pour toute votre vie: si les supérieurs ou ceux plus âgés que vous suggèrent quelque chose, alors peu importe la difficulté ou la façon dont cela peut sembler difficile, ne refusez pas. Dieu vous aidera pour votre obéissance.

Chaque obédience qui semble difficile, devient très facile quand nous l'accomplissons  car voilà c'est ainsi l'obéissance fonctionne.

IRRITABILITÉ

Dès que vous remarquez en vous-même une quelconque irritation, dites simplement fermement: "Kyrie eleison." Avec la prière, nous sommes purifiés de toute souillure.

LA VIE DE FAMILLE

Pour une femme, le mariage est le service à la Très Sainte Trinité-voyez quel grand honneur c'est d'être une épouse et une mère.

Le bonheur dans la vie conjugale est accordé seulement à ceux qui accomplissent les commandements divins et traitent le mariage comme un mystère de l'Église chrétienne.

AFFLICTIONS

Quand il y a des afflictions et vous n'avez pas la force de les supporter, alors tournez-vous de tout votre cœur vers le Seigneur, la Mère de Dieu, saint Nicolas, le saint dont vous portez le nom, et l'affliction sera allégée.

PRIÈRE

En tout temps, quoi que vous fassiez: si vous êtes assis, ou que vous marchiez ou travailliez, dites avec le cœur, "Kyrie eleison!"

Priez pour que le Seigneur règne dans votre cœur. Ensuite, il débordera d'une grande joie et d'un grand bonheur, et aucune sorte d'affliction n'aura la force de le troubler.

La puissance de la prière ne consiste pas en de nombreuses paroles, mais dans la sincérité d'un soupir orant.

CONNAISSANCE DE DIEU

L'histoire de Job est un exemple pour tous, pendant aussi longtemps qu'un homme est riche, célèbre, et heureux, Dieu n'y prête pas attention. Quand un homme, cependant, est sur un tas de fumier, rejeté par tout le monde, alors Dieu apparaît et converse avec lui, et l'homme en retour crie: "Seigneur, aie pitié!"

LA PRIERE DE JESUS

Chassez l'Ennemi et ceux qui apportent des tentations des mauvaises pensées par la prière: "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur." Cette prière peut être dite pendant toutes les activités.

INCROYANTS

On peut avoir une bonne relation mondaine avec les incroyants, mais on ne peut pas avoir une relation dans la prière et on ne doit pas discuter des arguments au sujet de la religion pour que le nom de Dieu ne soit pas offensé lors d'une dispute.

CONDAMNATION

Dès que la condamnation vient à l'esprit, dites immédiatement avec attention: "Seigneur, accorde-moi de voir mes péchés et pas condamner mon frère".

HUMILITÉ

Vous demandez: "Par quel chemin dois-je aller à Dieu?" Allez sur le chemin de l'humilité! En portant humblement les circonstances difficiles de la vie, en supportant humblement les maladies envoyées par le Seigneur, par l'humble espoir que vous ne serez pas abandonnés par le Seigneur, le prompt Secours et notre Père céleste débordant d'amour par une humble prière appelant à l'aide d'en Haut pour dissiper le découragement et le sentiment d'impuissance par lequel l'Ennemi du salut essaie de nous amener au désespoir, qui est si périlleux pour l'homme, le privant de la Grâce divine et retirant de lui la miséricorde de Dieu.

REPENTIR

Les détails de la confession ne sont pas importants, ce qui importe, c'est la componction du cœur. "Le Seigneur voit le cœur."

LES COMMANDEMENTS DE DIEU

Afin de ne pas perdre la Grâce de Dieu, efforcez-vous davantage d'acquérir le souvenir de Dieu. Il faut accomplir la parole de Dieu, à savoir, les commandements, comme le dit le Seigneur lui-même: "Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime (Jean 14:21). De cette manière, on accomplit sincèrement son service envers Dieu, de tout son cœur.

Vous devez aimer votre prochain, mais sincèrement, pas avec calcul. L'Amour- c'est très beau, très saint. C'est tellement beau! Mais les gens l'ont déformé. Il doit être comme celui du Christ, quand Il a souffert pour nous.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Une foire-exposition culturelle orthodoxe russe aura lieu en Suisse du 21 septembre au 9 octobre 2016

Une foire-exposition culturelle orthodoxe russe aura lieu en Suisse du 21 septembre au 9 octobre 2016

Sur Orthodoxie.com

Du 21 septembre au 9 octobre 2016 aura lieu en Suisse une foire-exposition culturelle orthodoxe russe. La manifestation aura lieu dans trois grandes villes de la Confédération : Genève, Bâle et Zurich. Des représentants de dizaines de monastères, dépendances monastiques, d’éditions orthodoxes ainsi que des iconographes et restaurateurs, présenteront aux visiteurs des travaux iconographiques contemporains, des aménagements d’églises, objets liturgiques, productions éditoriales, articles de joaillerie et d’art décoratif orthodoxes, tissus, produits d’apiculture et objets de la vie quotidienne Dans le cadre de cette manifestation, des reliques de saint Nicolas, venues de Bari, ainsi que de St Luc de Simféropol, seront exposées à la vénération des fidèles dans les églises orthodoxes de Genève, Bâle et Zurich.

jeudi 25 août 2016

Saint Antoine d'Optino: Enseignements choisis (3 et fin)




LE MONDE

Les affaires du monde sont si nombreuses qu'elles ne pouvaient guère être achevées en une centaine d'années, et si importantes qu'elles ne souffriront aucun type de retard. Pour notre malheur, seules les choses agréables à Dieu peuvent être mises de côté sans crainte, certaines jusqu'au matin, d'autres un peu avant l'année prochaine, et certaines même jusqu'à la vieillesse, raison pour laquelle il arrive souvent qu'elles restent inaccomplies. Je compatis sincèrement, mais je ne puis aider d'aucune façon.

Pouvez-vous placer votre espoir dans le monde? Qui n'a-t-il pas trompé? A qui n'a-t-il pas menti? Il promet beaucoup, mais il donne très peu. Seuls ceux qui espèrent dans le Seigneur, selon les paroles du prophète David, ne pèchent pas, ce qui signifie qu'ils ne sont pas déçus dans leur espoir!

PRIÈRE

Je vous demande de prier pour ceux qui vous ont offensés, en disant: "ô Seigneur, qui aimes l'humanité, pardonne à ceux qui nous haïssent et nous offensent, tes serviteurs (leurs noms), car ils ne savent ce qu'ils font, et réchauffe leur cœur pour qu'ils nous aiment, nous qui sommes indignes. "

BÉNÉDICTION

Ce qui est fait avec une bénédiction est grandement agréable à Dieu, alors vivons pour que chaque petite étape de notre vie soitt bénie.

FORTITUDE DE L'ESPRIT

Votre esprit ne doit pas se lasser, mais devrait s'échauffer à la lecture spirituelle, de celle-ci devraient venir des pensées au sujet de l'éternité et de la prière aussi, même si elle peut être brève. Dites au Seigneur: "Rassemble mon esprit dispersé, ô Seigneur et humilie mon cœur endurci par la crainte de Toi, et aie pitié de moi!" 

Car, sans l'aide divine nous sommes impuissants; nous ne pouvons même pas traiter avec des mouches importunes, et d'autant moins avec des ennemis invisibles.

LA RECOMPENSE DE DIEU 

Dans les profondeurs de Sa sagesse insondable, le Seigneur ne répond pas toujours à nos  immédiatement à nos demandes, mais les met en attente pendant un certain temps. Cependant, il ne laisse rien de bien fait en Son Nom sans récompense. S'il ne récompense pas la mère et le père, alors Il récompense généreusement leurs enfants et descendants, car le Seigneur est juste, et il n'y a pas d'injustice en lui.

MALADIE

Quand un homme acquiert un esprit courageux, alors au temps de toutes les infirmités et des maladies physiques, il peut être paisible et accepter sa situation.

Que pouvez-vous faire? Car le Seigneur a déjà établi que notre vie temporaire ne passera pas sans douleurs, et il est dit: «Soyez toujours conscient de votre maladie et de la tristesse dans votre cœur." Mais ce qui est plus étonnant est que pas un seul saint homme, peu importe combien il est saint et parfait il peut-être, ne peut pas passer sa vie sans avoir à supporter quelque chose, et ce afin que l'homme ne soit pas enflé d'orgueil. Et si les saints l'ont enduré, combien devons-nous le supporter aussi!

La maladie corporelle est envoyée à l'homme de Dieu, pas toujours comme punition pour le péché, mais parfois par Sa bonté pour libérer ou nous préserver de maladies spirituelles, qui sont incomparablement plus dangereuses que les maladies physiques.

BIEN-ÊTRE SPIRITUEL

Celui qui surmonte une passion conquiert un démon, et celui qui surmonte deux passions conquiert deux démons, et celui qui abandonne dix ou plusieurs passions défait tout un régiment de démons et à partir de là, il va jouir de la paix spirituelle.

UN PÈRE SPIRITUEL

Si quelqu'un, en se fondant sur sa propre compréhension, pense qu'il n'a pas besoin d'un guide, il va très vite s'écarter du bon chemin. Par conséquent, nous devons implorer le Seigneur Dieu avec des larmes pour qu'il nous accorde un sage instructeur; en raison de la gravité de notre maladie, un médecin qui est expérimenté et habile est nécessaire. Par conséquent, celui qui est malade doit chercher non pas tant d'un grand hôpital paisible, mais plutôt un médecin habile.

Les pères ne sont pas seulement pères quand ils caresse leurs enfants sur la tête et les choient, mais ils sont aussi appelés pères quand ils instruisent et punissent l'enfant.

Comme les médecins médicaux, les médecins spirituels n'agissent pas tous de la même façon. Certains vont permettre au patient de manger et de boire de tout, tandis que d'autres leur ordonnent de suivre un régime strict. Il en va de même avec les pères spirituels; il y a ceux qui absolvent et pardonnent tout, alors qu'il y en a d'autres qui vous interrogent et qui vous imposera une pénitence pour tout; mais le but de tous est le même: vous guérir.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


mercredi 24 août 2016

Saint Antoine d'Optino: Enseignements choisis (2)

Saint Antoine d'Optino

VOLONTE PROPRE

Il est impossible, en un court laps de temps, d'acquérir l'habitude de couper notre volonté propre par la seule parole sans effusion de sang, à savoir, sans labeur, puisque notre vie précédente jusqu'à maintenant s'est passée dans l'exercice de notre propre volonté.

Si vous désirez sincèrement avoir la liberté des passions et de tous les maux spirituels et des pensées blasphématoires, et apprendre l'humilité, vous devez cracher tout votre fierté rebelle et vous piétiner de vos propres pieds. 

Grâce à ceci, votre jeunesse, comme celle de l'aigle, sera renouvelée et d'un homme entêté et pécheur, vous deviendrez un ange de Dieu, ou du moins quelqu'un de plus petit que le plus petit des anges, à savoir, sans ailes.

LA VIE DE FAMILLE

La vie conjugale est une vie bénie par Dieu, et la vie monastique est une vie sainte et angélique; ces deux modes de vie sont agréables à Dieu.

Nous devons considérer non le mariage, mais l'adultère comme ignoble, sale, maudit et offensant pour Dieu, pour Ses anges, et pour les gens pieux. L'adultère doit être abhorré comme une grande abomination devant les hommes. 

Il est préférable d'accepter de mourir une centaine de morts que de vous souiller avec un tel vice nauséabond et d'irriter Dieu et d'être privé de Son Royaume céleste. Par conséquent, nous tous, hommes et femmes, lors des rassemblements devons éviter les regards amoureux et adultères, les équivoques, les mouvements audacieux du corps et des vêtements impudiques, mais il faut maintenir en tout temps la modestie et la bonne convenance chrétienne.

AFFLICTIONS

Si vous voulez trouver consolation au milieu des afflictions, tournez-vous rapidement vers le Seigneur, le Consolateur, en votre cœur. Testez-vous vous-même, selon la parole de Dieu, à savoir repentez-vous, corrigez vous, croyez en Jésus-Christ en votre cœur et votre âme et accourez à Lui, comme votre unique Sauveur. Plus vous priez Dieu au temps de la douleur, plus tôt vous ressentirez une douce consolation.

Que la vie se poursuive sans affliction, que pouvez-vous faire? Car il n'y a jamais eu une personne sur terre si chanceuse qu'elle ait passé toute sa vie sans afflictions et sans larmes, puisque nous ne vivons pas dans le Royaume des Cieux, mais dans la vallée de larmes. Mais il y a espoir que ceux qui sèment dans les larmes récolteront dans la joie. Par conséquent mettez vos afflictions aux pieds du Seigneur et Il vous nourrira.

Je vous conseille de vous remonter le moral avec la prière, même si elle est brève, et la confiance que, comme après l'hiver et le mauvais temps rigoureux, le printemps arrive agréable, de même après l'ennui, surviennent a promptement d'agréables délices; donc consolez-vous avec cet espoir.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après




mardi 23 août 2016

Saint Antoine d'Optino: Enseignements choisis (1)

PENSÉES

Ne soyez pas confus parce que de sombres pensées vous troublent souvent, car les pensées sombres, comme des nuages ​​d'automne, viennent l'une après l'autre et assombrissent tout. Mais ensuite, elles passent et le ciel reste clair et agréable. Et nos pensées vagabondent, elles errent dans le monde entier, mais l'esprit reste planté à sa place, et puis il est calme, et l'âme devient joyeuse. Mais notre esprit, erre ici et là, devient habitué à la prière de Jésus, brève mais souvent répétée, que Dieu vous accorde l'habitude de la dire, et alors vos jours seront brillants.

OBÉISSANCE

Quand le Christ le Sauveur Lui-même a été obéissant, iI ne l'a pas été pendant une courte période de temps, mais jusques à la mort. Par conséquent, si nous sommes toujours obéissants, nous serons toujours heureux. Mais pour notre douleur, la passion cruelle de l'amour de soi a fait de notre volonté une volonté de fer, à savoir inflexible à l'obéissance: souvent, il nous semble que nous sommes intelligents, et que nous pouvons voir les choses mieux que d'autres le peuvent, etc.

JEÛNE

La Sainte Eglise déclare: jeûner n'est pas éviter la nourriture, mais rejeter tout mal, contrôler la langue pour éviter les paroles vaines et le bavardage inutile, modérer la colère, et s'abstenir de la luxure, du mensonge et de la flatterie. Quiconque jeûne de cette façon, son jeûne est agréable à Dieu.

FETES RELIGIEUSES

La poursuite de notre vie est la continuation de la miséricorde de Dieu envers l'homme, et donc les anniversaires et les jours de fête onomastique devraient être menés non pas tant par du bruit et des célébrations dissipées que par la piété.

COMMUNION

Il est très salutaire pour nourrir votre âme avec l'Eternel et le Pain Sacré. Si une personne doit mourir le jour même où elle a communié aux Saints Mystères, les saints anges recevront son âme dans leurs mains, pour l'amour de la Communion, et elle passera en toute sécurité à travers les barrières des péage aériens.

JOIE

Il y a de la joie dans le souvenir fréquent de Dieu, comme il est écrit: Je me souvins de Dieu et je me réjouis(Ps 76: 4.).

IRRITABILITÉ

Vous devez faire tous les efforts pourvois retenir, afin de ne pas acquérir la fâcheuse habitude de perdre votre sang-froid. Ce vice insupportable n'est pas aussi remarqué en soi-même comme chez les autres, et ceux qui se mettent en colère pour rien sont dignes du feu de la géhenne.

PLAINTES

Se plaindre contre Dieu se produit la plupart du temps avec des gens qui sont orgueilleux ou fous.

Quoi qu'il nous arrive, ne se fait pas sans la permission de Dieu, comme le dit le juste Job : L'Eternel a donné, et l'Eternel a ôté. Béni est le Nom de l'Eternel (Job 1:21). Et donc, comme lui, nous devons endurer des expériences désagréables dans la vie et nous retenir de nous plaindre, et ne pas dire: "Pourquoi en est-ilainsi, et non autrement?"


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 22 août 2016

Sur le blog de Maxime


(source)

Force est de constater qu'il y a une similitude incontournable entre un organisme, une société et une personne.
Les éléments négatifs, mauvais, mortifères sont là, présents, prêts à surgir, dès que le contexte le permettra. Dès qu'un déséquilibre s'installe dans un système par une faiblesse et une incohérence des éléments régulateurs, alors surgissent en effet  et se répandent au grand jour ces éléments mortifères. L'occasion leur est donnée d'agir, de se propager, de devenir plus forts et leur pouvoir de destruction s'exerce en toute impunité de façon dangereuse et  de plus en plus difficile à réfréner.


Ainsi en est-il dans un organisme  maintenu en bonne santé, où la flore microbienne en différents lieux de l'organisme est normalement maintenue en équilibre. Il est nécessaire que soit inhibée la prolifération de bactéries commensales pathogènes et potentiellement dangereuses, préexistant depuis très longtemps dans l'organisme, en compagnie des favorables à la santé dans un équilibre vital. Si les défenses immunitaires de l'organisme sont affaiblies par négligence, l''organisme n'est plus capable de lutter efficacement contre la prolifération et la colonisation de ces éléments pathogènes et alors s'installe un désordre incoercible pouvant aller jusqu'à devenir mortel. Il faut alors faire appel  un remède radical pour venir en aide efficacement à la restauration d'une bonne santé faute de quoi on peut en mourir. Et il arrive que les médicaments fassent alors des "dégâts collatéraux" peu souhaitables mais inévitables. On dit alors qu'il vaut mieux prévenir que guérir…


Ainsi en est-il dans une société où les criminels (de quelque origine que ce soit) dont une certaine quantité coexiste inévitablement avec les facteurs de cohésion sociale  est maintenue avec vigilance dans des limites "raisonnables" et dont la capacité de nuisance est strictement limitée par un ordre complexe concernant tous les éléments d'équilibre : une culture commune stable et forte, des valeurs consensuelles, une morale individuelle et sociale, des règles de savoir-vivre entre générations, entre hommes et femmes, entre étrangers et indigènes, la police, l'armée, la justice… Ainsi les éléments potentiellement destructeurs du bon ordre et dangereux pour la vie des citoyens, ne peuvent qu'exceptionnellement apparaître pour faire la démonstration de leur nocivité et de leur capacité de nuire à tous. Si par irréalisme, négligence, laxisme, fausses perspectives, idéologies contre nature, ou manque de discernement, on laisse proliférer ces nuisances sans y remédier, un chaos mortel peut très bien s'installer et il devient alors nécessaire et inévitable d'employer "la manière forte" pour éviter la guerre civile et il est rare que le retour à l'ordre se fasse sans une brutalité peu souhaitable…
Ainsi en est-il chez une personne… "car il n'est personne qui vive et ne pèche pas"  comme il est  dit clairement dans la prière pour les défunts de l'Église Orthodoxe. Il suffit de s'observer un peu pour constater qu'il y a chez l'homme autant de capacités de pécher que de vivre selon les commandements divins. Non seulement nous retombons dans les mêmes péchés (la pratique de la confession le montre assez) mais nous pouvons constater avec horreur que certains péchés oubliés depuis longtemps peuvent resurgir dans certaines situations "favorables" voire que l'on peut commettre des péchés que l'on n'avait jamais commis auparavant et que l'on ne pensait pas pouvoir commettre… Ce n'est pas un hasard si les Pères de l'Église conçoivent l'Église comme un hôpital des âmes. Notre capacité de nous écarter considérablement de Dieu coexiste  - et coexistera malheureusement sans doute jusqu'à notre mort  - avec notre capacité de nous rapprocher de Dieu. C'est alors à nous de favoriser notre équilibre et notre bonne santé spirituelle par notre vigilance de tous les instants, faute de quoi notre négligence laissera le champ libre à nos mauvais penchants connus, ou ignorés de nous, et alors s'installera le chaos en nous.  C'est bien de cela dont parlent tous les grands spirituels de notre Tradition orthodoxe, quand ils nous avertissent qu'une lutte sur tous les fronts doit être menée sans relâche, que les vertus doivent être cultivées faute de quoi la porte sera grand ouverte à tous les vices.
Notre âme est un organisme, une société, pour lesquels nous devons faire preuve de vigilance et de discernement et de régulation, faute de quoi nous laisserons s'installer un chaos mortifère. Et le "remède de cheval " à appliquer alors est un remède bien adapté à chacun dont seul Dieu a le secret …
Oui, dans le domaine spirituel, il en est de même que dans le domaine sanitaire ou social, mieux vaut prévenir que guérir.

Mais notre médecine spirituelle traditionnelle orthodoxe est  efficace pour nous maintenir ou restaurer cette bonne santé spirituelle. L'expérience et la transmission de nos Anciens qui ont lutté vaillamment  jusqu'à leur mort contre leurs mauvais penchants, les mystères prodigués par notre Église orthodoxe  auxquels nous sommes conviés à participer le plus assidument possible, la "Prière de Jésus, tout cela est bien utile pour maintenir à l'esprit notre propre et constante capacité de nuire et pour exercer cette vitale vigilance pour conserver la santé de notre âme et la fortifier.
Maxime le minime

Sur le blog d'Albocicade: A propos de Bible et d'orthodoxes


Il y a quelques années, des protestants du village m'ont demandé d'écrire un petit article pour leur bulletin paroissial, présentant la relation des orthodoxes à la Bible. En effet, travaillant (en dilettante, il est vrai) depuis des années sur le texte biblique et son histoire, rédigeant à l'occasion des commentaires bibliques, je semblais tout indiqué. Or, c'est précisément pour ces raisons que j'ai eu le sentiment d'être fort mal placé pour en parler : mon rapport au texte biblique est bien trop particulier, atypique. C'est pourquoi j'ai alors demandé à Alexandre Sergueievitch, le parrain de la Jeune Cigale s'il acceptait de se charger de cette tâche. Après quelques hésitations, il accepta.

C'est ce petit article, qui parut alors dans le bulletin réformé local, que je vous partage aujourd'hui : je croyais l'avoir fait avant...

La Bible et les orthodoxes….

Le terme "Bible" n'est pas courant pour un orthodoxe. Parlons-lui plutôt d'Ecriture Sainte et il ressentira là ce qui est une composante essentielle de sa pratique religieuse et de sa foi.
Plus souvent qu'une Bible complète, l'orthodoxe aura chez lui les Evangiles, parfois accompagné d'un psautier ; toutefois l'ensemble des textes de l'Ecriture est présent dans toutes les manifestations de sa foi. Elle constitue la trame essentielle de toute la vie orthodoxe, prière personnelle, vie liturgique, célébrations, enseignement…

La prière que son Eglise enseigne à l'orthodoxe, principalement basée sur les psaumes, est toutefois imprégnée réminiscences provenant de toutes les parties de l'Ecriture. La sanctification du temps (heures, vêpres, matines) est axée autour de la lecture du psautier. Toute cérémonie comporte la lecture d'un texte évangélique, toujours assurée par un clerc.

La lecture des textes à l'église se fait "recto tono" ou en psalmodiant, afin de ne pas laisser transparaître les sentiments personnels du lecteur : il s'agit avant tout de s'imprégner du texte beaucoup plus que d'en entreprendre une interprétation…

L'architecture intérieure de l'église elle-même reflète la présence de l'Ancien et du Nouveau Testament : l'iconostase – qui sépare le sanctuaire de la nef – comporte, encadrant l'image du Christ, celles des artisans de notre salut : un rang pour les prophètes et les saints rois d'Israël, un rang pour les apôtres.

Aussi, et même si les Sociétés d'Edition spécialisées, les "groupes d'étude biblique" ou les gros commentaires exégétiques ne sont pas caractéristiques de la pratique des orthodoxe, on peut affirmer que l'Ecriture est un constituant majeur, constamment présent, de la foi orthodoxe.

A. S. N.

Recension: Vient de paraître dans la collection Apostolia Junior: « Un martyr après les persécutions. Saint Jean Chysostome »


La collection « Apostolia Junior », des éditions de la Métropole roumaine d’Europe occidentale et méridionale, destinée aux enfants et adolescents, s’enrichit d’un nouveau titre : « Un martyr après les persécutions. Saint Jean Chysostome ». Le contenu est moins restrictif que le titre puisqu’il s’agit d’un récit de toute la vie, riche et pleine de rebondissements, de saint Jean Chrysostome, qui a été adapté par Ghisaine Brunet au style des ouvrages destinés à la jeunesse. Ce livre de 138 pages au format de poche et à la graphie aérée, a été publié avec la bénédiction du métropolite Joseph.

dimanche 21 août 2016

Saint Père Porphyrios: La Toute Sainte Mère de Dieu.


Notre Eglise honore hautement notre Panaghia [id est la Toute Sainte Mère de Dieu]. J'aime beaucoup notre Panaghia. Quand j'étais jeune sur la Sainte Montagne, je l'aimais beaucoup. J'avais une petite icône de la Panaghia sous mon oreiller. Matin et soir, je l'embrassais. Je vivais avec elle jour et nuit. Quoiqu'il m'arrivât, j'avais recours à elle. Que puis-je vous dire? Elle est mieux qu'une mère. Il n'y avait rien d'autre que je voulais plus au monde. Elle avait tout.

Notre Eglise honore hautement notre Panaghia. Elle lui rend hommage et chante sa louange plus que celle de tous nos saints. Un hymne dit: "Réjouis-toi, toi qui es après Dieu, toi qui viens après la Trinité." Qui vient après la Sainte Trinité? Qui est celle qui vient après Dieu? C'est notre Panaghia, la Très Sainte Génitrice de Dieu. La Sainte Trinité vient d'abord, et notre Panagia est seconde. Elle a cette place, elle qui est "plus honorable que les Chérubins et bien plus plus glorieuse que les Séraphins," notre Mère, la Très Sainte Génitrice de Dieu.


L'icône sacrée de la Vrefokratousa ("Celle qui est avec l'Enfant"), "l'Axion Estin, [ Il est digne...]" est la sainte patronne de la Sainte Montagne, "l'Ephestios de l'Éphestion." Qu'est-ce que cet "ephestios" signifie? Il signifie "epi étain Estian" ("du foyer"). Les Grecs anciens croyaient aux dieux du foyer. Au centre de la maison était un foyer, sous lequel il y avait des statues des dieux, où personne ne pouvait leur nuire. Au dessus de tous les  ephestios est notre Panaghia!



Autrefois nous donnions de l'importance aux temples anciens. Nous pouvons le faire maintenant aussi bien, mais, bien sûr, afin de voir comment les anciens adoraient Dieu. Ceci est ce que l'apôtre Paul fit, quand il parla à Aréopage. Il ne commença pas à parler dès le premier instant de Dieu, de la Panaghia etc, mais de leur propre arsenal il prit les flèches et les lança aux Athéniens, en commençant par le Dieu inconnu.

Paul, debout au milieu de l'Aréopage, dit: " Hommes Athéniens, je vous trouve à tous égards extrêmement religieux. Car, en parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j'ai même découvert un autel avec cette inscription: A un dieu inconnu! Ce que vous révérez sans le connaître, c'est ce que je vous annonce." (Actes 17: 22-23.)

Nous devons apprendre ces choses par cœur. "Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité" (Jn. 4:24). Il est notre être, notre souffle.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Ta Propre Croix!

samedi 20 août 2016

Arthur H. Hugues: Ankara s'en prendra-t-elle au patriarche Bartholomée?


Arthur H. Hugues a servi comme ambassadeur américain au Yémen en 1991-1994, après quoi il est devenu sous-ministre adjoint au Secrétaire d'Etat aux Affaires du Proche-Orient. Il a également été sous-secrétaire adjoint à la Défense pour le Proche-Orient et pour l'Asie du Sud et il a occupé de nombreux autres postes pour le service extérieur des Etats-Unis, y compris à titre de chef de mission adjoint à Tel-Aviv.

Au moins depuis l'époque de Mustafa Kémal, les chrétiens orthodoxes de Turquie ont subi des répressions de la part de l'Etat. Des milliers de chrétiens turcophones durent émigrer. En 1971, le séminaire théologique de Halki fut fermé. La diffusion de littérature orthodoxes et les activités missionnaires de toute nature sont interdites. Dans une tentative d'encourager le patriotisme et d'obtenir un soutien plus large de la partie conservatrice de la société, le gouvernement turc a essayé de construire des relations avec les nationalistes, dont les plus radicaux s'en sont même pris à plusieurs tentatives au patriarche Bartholomée! [le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople est le 270e archevêque et l'archevêque actuel de Constantinople et le patriarche œcuménique, depuis Novembre 1991.]

Il n'est pas étonnant alors qu'une telle situation induise le Patriarcat à établir des liens étroits avec l'élite politique américaine. Des congrégations aux États-Unis et des dons des entrepreneurs américains d'origine grecque sont les principales sources de revenus pour le Patriarcat œcuménique. A son tour, Washington considère l'état de la minorité religieuse en Turquie comme une carte maîtresse dans le jeu diplomatique pour faire pression sur Ankara. De plus, étant primus inter pares [Premier parmi des égaux] parmi les chefs des autres Églises autocéphales, le patriarche œcuménique de Constantinople peut affecter l'ensemble du monde orthodoxe. Et, évidemment, le renseignement américain ne pouvait pas manquer une telle occasion .

Ainsi, l'un des membres du lobby américano-israélien au Patriarcat de Constantinople est le père Alexandre Karloutsos, le chargé des affaires publiques auprès de l'archevêque Dimitrios. Grâce à ses liens avec des responsables de haut niveau et à des milliardaires gréco-américains, il est essentiellement la seule personne qui contrôle le flux d'argent des États-Unis au Phanar, et cela lui donne de larges possibilités d'exercer une pression sur le Patriarcat œcuménique. 

D'autre part, Karloutsos a également de bonnes relations avec l'ancien directeur de la CIA George Tenet, et le prédicateur Fethullah Gülen coopérant avec les services de enseignements américains. Cela signifie que le montant du financement est directement lié à la façon dont s'acquittent avec succès les têtes du Patriarcat accomplissant les tâches qu'ils reçoivent de leurs superviseurs américains.

En outre, le patriarche Bartholomée a personnellement a rencontré Gülen, ou Hoca Efendi, comme il l'appelle, un assez grand nombre de fois. Ils se sont rencontrés par exemple,  le 6 Avril 1996 pour discuter des perspectives de dialogue interreligieux. C'était avant que Gülen ait fui aux États-Unis avec l'aide du diplomate Morton Abramovitz, les agents de la CIA Graham Fuller et George Fidas, et le Père mentionné ci-dessus Alexander Karloutsos.

Le patriarche de Constantinople a loué Gülen en 2012 quand il a pris part à une réunion de l'Association des Journalistes et Ecrivains (GYV) fondée par le prédicateur turc. 

Environ un mois avant l'événement, le Chicago Tribune a publié une interview avec Bartholomée dans laquelle il a hautement apprécié les efforts de Gülen pour développer le dialogue interreligieux et favoriser l'intimité entre les religions "pour le bénéfice de l'humanité." Puis, une semaine après la réunion de l'Association, le 13 mai 2012 dans une interview consacrée au prix que Bartholomée a reçu du Roosevelt Institute, le Patriarche a mentionné publiquement son amitié avec "Hoca Efendi" [Gülen]: "Nous l'aimons vraiment. Nous espérons qu'il reviendra bientôt." Tout un chacun devrait se demander la raison pour laquelle le patriarche de Constantinople a évoqué l'irrecevabilité des offices religieux musulmans à Hagia Sophia seulement le 11 Juillet. Un mois après qu'ils aient commencé - et seulement 4 jours avant la tentative de coup d'état?

Est-ce que le gouvernement turc à réalisé son échec après la récente tentative de coup d'Etat? Essaiera-t-il de gagner le patriarche orthodoxe à sa cause ou exercera-t-il une répression à son encontre? 

De toute évidence, il serait beaucoup plus facile pour Erdogan de couper le financement étranger de la minuscule communauté orthodoxe turque pour se débarrasser pour de bon de celui-ci. D'un autre côté, la coopération avec son propre patriarche orthodoxe pourrait donner à la Turquie de nouvelles possibilités pour améliorer sa réputation et étendre son influence dans le monde orthodoxe. Les autorités devraient-elles enfin reconnaître le statut œcuménique du Patriarcat de Constantinople?

Malheureusement, il serait extrêmement difficile de justifier une telle décision en ce moment. Au lieu de consolider les Eglises orthodoxes, le Concile tenu en Juin en Crète les a simplement aliénées. Nous avons vu le patriarche Bartholomée incapable d'unir le monde orthodoxe. En outre, il est apparu que son influence n'affecte même pas la moitié des chrétiens orthodoxes! Les raisons en sont son autoritarisme, son opiniâtreté et son hostilité envers l'Eglise orthodoxe russe.

Un tel fait diminue la valeur du Patriarcat pour ceux qui sont au pouvoir en Turquie. Et le patriarche Bartholomée ne semble pas avoir beaucoup de temps pour tenter de changer la situation.


Version française Claude LOPEZ-GINISTY
d'après
citant

vendredi 19 août 2016

Saint Nectaire d'Egine: Le malheur de l'athée


De toutes les personnes, l'athée est la plus malheureuse parce qu'il a été privé de la seule bonne chose sur terre: la foi, qui est un véritable guide vers la vérité et le bonheur. 

L'athée est la personne la plus malheureuse parce qu'il est privé d'espoir: le bâton de marche essentiel nécessaire pour cheminer à travers le long chemin de la vie. 

L'athée est la personne la plus malheureuse parce qu'il est privé de l'amour humain, qui apaise le cœur qui souffre. 

L'athée est la personne la plus malheureuse parce qu'il a été privé de la beauté divine de l'image du Créateur, que l'Artiste Divin a gravée à l'intérieur de l'homme et que dévoile la foi.

L'œil de l'athée ne voit dans la création rien d'autre que le fonctionnement de processus naturels. 

L'éclat et la beauté magnifique de l'image du Créateur Divin restent cachés et indétectables pour lui. Comme il jette un regard sans but sur la création, nulle part il ne découvre la beauté de la sagesse de Dieu, nulle part il ne voit l'omnipotence de Dieu, nulle part il n'observe la bonté et  la Providence de Dieu, nulle part il ne discerne la justice et l'amour du Créateur pour la création. 

Son esprit n'est ni capable de monter plus haut que le monde visible, ni capable d'atteindre au-delà des limites de la matière physique. 

Son cœur reste anesthésié et indifférent devant la divine sagesse et la puissance de Dieu toujours présentes. En lui, n'existe même pas le moindre désir d'adorer le Seigneur. Ses lèvres restent fermées, sa bouche silencieuse, et sa langue immobile. Son âme ne chante aucun hymne, aucune doxologie, ou louange comme expression de gratitude envers Dieu.

La paix de l'âme et la sérénité du cœur ont été supprimées par l'incrédulité; à la place, le deuil a inondé la profondeur de son être. 

La joie, que la personne fidèle éprouve d'exécuter les commandements divins de Dieu, et le grand plaisir dont elle jouit de la vie d'une façon éthique, sont des sentiments inconnus pour l'athée. 

La joie que la foi donne au croyant n'a jamais été ressentie par le cœur de l'athée. 

L'assurance qui découle de la foi dans la Providence de Dieu, ce qui soulage l'homme de l'angoisse des soucis de la vie, est une puissance inconnue de lui.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 18 août 2016

La Troisième guerre Mondiale:




Un pèlerin demanda à un moine, "Quand la Troisième Guerre mondiale se produira-t-elle, et pourquoi?"

Le moine répondit: "Ce qui est le plus important est le "pourquoi". Le plus grand problème dans le monde aujourd'hui n'est pas le péché - même si en effet les péchés sont de plus en plus nombreux que dans le passé. 

Le plus grand problème est que ce qui est un péché est considéré comme vertueux, et ce qui est vertueux comme péché. Cela nous empêche de nous repentir de ce qui est vraiment un péché, et par conséquent nous ne pouvons plus améliorer notre caractère.

"Dieu, par conséquent, comme un Père aimant, cherche à arrêter ce mouvement dans la mauvaise direction. Il essaie d'abord de le faire avec de sages paroles d'instruction et d'admonestation, mais de nos jours, personne (ou peut-être très peu) n'écoute Ses paroles ou les suit, II doit donc entrer d'une manière très dynamique dans l'Histoire.

Cela ne signifie pas que Dieu fait se produire la guerre, mais plutôt que la guerre est le résultat inévitable du rejet de Sa Grâce, qui est la seule chose capable de garder la haine et le mal en échec, y compris les guerres désastreuses de l'homme. Et la grande souffrance que nous voyons déjà n'en est que le début.

"C'est la raison pour laquelle vous ne devriez pas être trop préoccupé par "quand" et par d'autres détails, mais plutôt vous repentir et prier pour la paix parce que, néanmoins, le temps est en effet proche."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Monastère Orthodoxe de Solan

mercredi 17 août 2016

Laurence Guillon: Vassily Bourandassov



Le statut d'un intellectuel russe dans Facebook:
Vassily Bourandassov:

"Les gens à qui il échoit de vivre dans une époque de transition ressemblent beaucoup à des oiseaux privés de nid. 

On nous a tous chassés de nos maisons dans le froid glacial, et laissés à la merci du destin. Et nous avons peur des changements, il y en a eu trop. 

Nous avons besoin d’une maison. Solide, chaude et à nous.

Là où les changements sont rares et les traditions, consacrées par la mémoire de nombreuses générations, sont saines et simples. 

Chaque génération est capable de survivre à une révolution. Une fois, parce que toute révolution est une fracture de la colonne vertébrale.
Nous en avons subi eux, un changement de système et la fin de l’empire. Et nous avons derrière nous deux guerres mondiales, la révolution, la guerre civile, les répressions, les famines, les répressions, des régimes brisés, la destruction de classes entières. 

En tant que nation, nous nous sommes surpassés, car nous avons survécu.
Peu l’auraient pu, mais nous avons survécu.

Le Seigneur fait quelque chose pour la Russie, nous sommes moins une leçon pour le monde qu’un ferment de quelque chose de très important pour son avenir. 

Aucun peuple du XX° siècle n’a souffert autant que le peuple russe.

Et il me semble que maintenant, quand rien n’est encore terminé, quand nous nous tenons encore dans ce froid, le plus important, c’est notre sentiment de compassion les uns pour les autres.

Nous sommes tous dans la même situation.

Et nous mourrons gelés, si notre sentiment bien compréhensible d’irritation, d’inquiétude, de colère, de désarroi triomphe de notre sentiment de compassion pour ceux qui sont à nos côtés.

Essayons de ne pas geler à mort.

C’est peut-être cela qu’attend de nous le Christ. 

Car il est ici. Il est toujours là où sont la douleur et la peur.

C’est la douleur du peuple, la douleur de l’enfantement. 

A sa suite viendra la joie.

Dieu ne châtie pas ceux qui n’ont pas d’espoir."

(Voici pourquoi j'aime la Russie, je crois en elle et je pars la rejoindre).


Jean-Claude LARCHET: Recension: Saint Nicolas Vélimirovitch, « Vie de saint Sava »


Saint Nicolas Vélimirovitch, Vie de saint Sava, 2e édition revue et corrigée, traduction par Lioubomir Mihailovitch, introduction par Jean-Claude Larchet, collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », L’Âge d’Homme, Lausanne, 2016, 198 pages.
Il y a de nombreuses années, les éditions L’Age d’Homme avaient publié simultanément deux traductions différentes de La Vie de saint Sava de saint Nicolas Vélimirovitch. Alors qu’elles sont épuisées depuis longtemps, la meilleure d’entre elles vient d’être reprise dans la collecion « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » dans une 2e édition revue, corrigée et légèrement augmentée par les soins de Lioubomir Mihailovitch.
Le talent exceptionnel d’orateur et d’écrivain de l’évêque Nicolas, qui lui a valu le surnom de « Chrysostome serbe », se manifeste de manière particulièrement brillante dans cette Vie somptueuse, consacrée à celui qui, par un destin exceptionnel ménagé par la Providence divine, joua un rôle primordial pour développer le monachisme au Mont-Athos et dans les Balkans, et surtout pour donner à l’Église serbe ses premières et plus solides fondations, contribuant aussi considérablement à son rayonnement dans le monde orthodoxe. Grand organisateur de la vie ecclésiale en général et monastique en particulier, saint Sava ne fut pas seulement un héritier de sang royal mettant toute sa fortune au service de l’Église, devenant ainsi le prototype en Serbie d’une longue lignée de saints rois et princes faisant de même avant, souvent, de couronner spirituellement leur existence terrestre par le choix de la vie monastique. Il fut aussi un très grand spirituel, héritier de la tradition hésychaste, qui constitue un modèle pour l’Orthodoxie universelle.
Débutant comme un conte merveilleux (« Il y a fort longtemps, vivait un jeune prince. Il était exceptionnellement intelligent, riche et beau… »), écrite dans un style lyrique très poétique et empreinte d’une profonde spiritualité, cette Vie se lit de bout en bout comme un roman passionnant.
Fils du roi de Serbie Nemanja, le prince Rastko (1174-1235), pourvu de tous les dons et de tous les biens de ce monde, renonça au brillant avenir auquel il était promis dans le monde et s’enfuit du palais paternel à l’âge de dix-sept ans pour devenir moine au Mont-Athos sous le nom de Sava. Mettant à profit l’autorité que lui conférait sa prestigieuse ascendance ainsi que les nombreux dons que lui faisait parvenir sa famille, il s’activa très tôt à développer le monastère de Vatopaidi, qui l’avait accueilli, et à soutenir d’autres monastères dans le besoin. Dix ans plus tard, son père, le roi Nemanja qui avait de son côté œuvré avec succès à l’unification de la Serbie jusqu’à en faire l’un des plus puissants royaumes d’Europe centrale, renonça au pouvoir et aux privilèges de son état pour embrasser la vie monastique sous le nom de Syméon, s’installant quelques mois au monastère de Studenica avant de rejoindre son fils au monastère de Vatopaidi ; il était alors âgé de quatre-vingt quatre ans. Tous deux se mirent à restaurer le monastère de Chilandar, dépendance de Vatopaidi alors abandonnée, acquirent son indépendance auprès de leur parent l’empereur de Byzance, et en firent l’un des plus beaux et des plus grands monastères de l’Athos. Après avoir mené une vie monastique courte mais exemplaire, Syméon s’endormit dans le Seigneur, âgé de quatre vingt-sept ans ; le myrrhon qui s’écoula depuis lors de ses reliques témoignant visiblement de sa sainteté. Sava de son côté n’était pas seulement un bâtisseur : il menait une vie ascétique particulièrement exigeante et aimait à se retirer dans l’hésychastère (appelé Mislionica) qu’il fit construire près de Karyès à l’intention des moines de Chilandar qui souhaitaient mener une vie plus isolée et plus austère. C’est contre son gré qu’il dut continuer à participer à la gestion du monastère de Chilandar et qu’il dut œuvrer à régler les conflits qui opposèrent ses frères Stéphane et Vukan à la suite de l’abdication de leur père. Il fut ensuite appelé par son frère Stéphane, devenu roi, à développer l’Église serbe. Il devint d’abord higoumène du monastère de Studenica, près duquel il bâtit un hésychastère semblable à celui qu’il avait fondé sur la Sainte Montagne et dans lequel il avait également l’habitude de se retirer pour se consacrer entièrement à la prière. Puis il construisit le monastère de Žiča, avant de retourner au Mont-Athos. Face à deux forces qui menaçaient la religion du peuple serbe – à l’extérieur la pression des Latins partis à la conquête de l’Orient, à l’intérieur celle de l’hérésie bogomile (une résurgence du messalianisme) qui se développait dangereusement –Sava ressentit la nécessité de fonder une Église serbe indépendante et forte. Il obtint de l’empereur et du patriarche de Constantinople qu’un archevêque y fût nommé (il fut lui-même désigné, contre son gré, pour remplir cette fonction), puis que fussent créés des diocèses sur le territoire du royaume, et enfin que l’Église serbe devînt autocéphale, ce qui fut accordé en 1219. Il fut consacré primat de l’Église serbe au monastère de Žiča tandis que le même jour son frère Stéphane était solennellement intronisé roi de Serbie. Stéphane devait malheureusement mourir en 1228, et Sava eut fort à faire pour empêcher que le royaume ne fût disloqué par les rivalités qui opposaient ses neveux. Il réussit à sauvegarder ce que son père et son frère avaient réalisé, et entreprit alors un long pèlerinage en Terre Sainte et dans tout le Moyen-Orient. C’est au retour de ce pèlerinage, en 1235, alors qu’il traversait la Bulgarie et s’apprêtait à rentrer en Serbie, qu’il tomba malade et mourut. Il fut vénéré immédiatement comme un saint. Durant sa vie monastique, non seulement il avait toujours mené une vie irréprochable et gardé la même règle de vie austère dans toutes les circonstances, mais il avait manifesté de nombreux charismes et accompli beaucoup de miracles. Son tombeau, au monastère de Mileševa fut l’objet d’une grande vénération de la part non seulement du peuple orthodoxe des Balkans, mais de la population musulmane elle-même, et cela pendant trois siècles et demi, avant qu’un pacha moins éclairé et tolérant que ses prédécesseurs n’en prenne ombrage et n’ordonne, en 1595, de brûler le corps du saint. Le souhait qu’avait toujours eu saint Sava de mourir en martyr pour le Christ se réalisa ainsi après sa mort.
La Vie de saint Sava par l’évêque Nicolas est un chef-d’œuvre littéraire, qui se lit avec beaucoup de plaisir et d’émotion. C’est en même temps un récit historique qui nous instruit sur la situation politique et religieuse de l’époque, et sur l’édification du royaume et de l’Église de Serbie. C’est aussi et surtout une œuvre spirituelle qui évoque de manière détaillée le mode de vie monastique (en particulier au Mont-Athos, saint Sava ayant transposé en Serbie le typikon liturgique et la règle monastique athonites) et qui présente l’exemple édifiant d’un homme qui sut renoncer à tout ce que les hommes recherchent généralement dans ce monde – la richesse, le pouvoir et la gloire – pour consacrer toute sa vie à Dieu.
Jean-Claude Larchet
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